[{"content":"08h00 Montréal (QC) Odomètre de départ : 9798 km\n19h30 Sault Ste-Marie (ON) 1009 km\nEt voilà, le voyage débute.\nAprès tous ces mois de préparation, il est enfin temps de partir pour l’Aventure !\nKilomètre 0 (oui, oui, ZÉRO !) : premier bris d\u0026rsquo;équipement !\nEn préparant la moto hier soir, je l’ai échappée, probablement sous le coup de la nervosité. Résultat : levier d’embrayage brisé. Je décide rapidement de l’endurer ainsi, car il est cassé à la pointe et demeure fonctionnel. Tout de même, un beau 100 $ de gaspillé sans même avoir quitté la maison !\nJe pars en même temps que Nadine qui se rend au travail. Elle ne semble pas très heureuse de me voir partir, ce qui est compréhensible. C’est une aventure qui sort de l’ordinaire, comportant son lot de dangers et un risque réel. De plus, le nombre de semaines d\u0026rsquo;absence est substantiel et ne sera pas facile à gérer.\nLa moto est très lourde et je dois m’y accoutumer rapidement. Sortir de Montréal est laborieux en raison du trafic dense, mais la météo est parfaite : beau et chaud.\nPas pour longtemps toutefois !\nJe m’engage sur la 417 vers Ottawa et le nord de l’Ontario. Une pluie légère s’installe, comme pour m’avertir de la suite. Rien de trop grave cependant. Dès que je quitte le Québec, la route s\u0026rsquo;améliore nettement. Il faut savoir, pour ceux qui ne sont pas de la province, que nos conditions routières sont exécrables. L’état de la chaussée, la signalisation et l’aménagement de nos routes sont simplement minables.\nIl y a peu de trafic. Je roule lentement, environ 110 km/h, ce qui est très conservateur, économique et surtout confortable. C’est le rythme que je visais et que j’espère maintenir. Il serait facile de rouler à 130 ou 140 km/h, mais je suis en vacances ; je n’ai pas envie de stresser avec la police ou les animaux, très présents dans le secteur.\nLe paysage est plutôt monotone. Je dépasse Ottawa et Petawawa sans histoire en direction du nord de l’Ontario.\nJuste avant Sudbury, je frappe littéralement un front météo. J’entre dans un mur de vent qui fait chuter la température de 30 °C à un frisquet 17 °C en quelques secondes. Je dois sortir la veste chauffante presque immédiatement.\nAprès quelques heures de route, j’arrive à Sault Ste-Marie. Je décide de prendre une chambre d’hôtel, même si j’avais prévu camper, car il fait définitivement trop froid. Ça commence bien. Je réalise aussi que je n’aurai peut-être pas assez de vêtements chauds, non pas pour la conduite, mais pour les soirées et les activités.\nJe décide de revoir totalement l\u0026rsquo;organisation de mes bagages, car la répartition actuelle ne me convient pas. Avec les pneus attachés sur le topbox, celui-ci est inaccessible et les valises latérales le sont difficilement. Je place donc dans le topbox tous les objets dont je n’aurai pas besoin quotidiennement.\nMa stratégie de transport est simple : tout doit entrer dans les rangements. J’utilise les valises d’origine en aluminium de ma BMW R1200GS Adventure 2008. Elles sont solides, spacieuses et surtout sécuritaires puisqu\u0026rsquo;elles se verrouillent. Les pneus sont solidement attachés sur le topbox avec un câble métallique et un cadenas. Le seul élément non sécurisé est une petite glacière sans valeur.\nPendant que je travaille sur la moto, je suis abordé par deux Ontariens à la retraite en route vers Moab. Ils roulent en BMW R1100GS et R1200GS. Ils transportent une quantité incroyable de bagages ! Ils m’expliquent qu’ils vont faire du camping et qu’ils aiment leur confort.\nJe sors le réchaud pour cuisiner de bonnes pâtes maison et l’heure du dodo arrive rapidement. Il faut être en forme pour demain !\nAi-je mentionné que Sault Ste-Marie ressemble à une ville fantôme ?\n","date":"9 juillet 2008","externalUrl":null,"permalink":"/fr/post/01_day-1-ontario/","section":"Journal","summary":"Le grand départ de Montréal marqué par un premier bris d’équipement, une météo capricieuse et les premiers ajustements logistiques en direction de Sault Ste-Marie.","title":"Jour 1: L'Ontario","type":"post"},{"content":"07h00 Sault Ste-Marie (ON)\n19h30 Rushing River Provincial Park (ON) 1139 km\nUne deuxième longue journée sur la route. Le paysage s’est légèrement diversifié grâce à l’apparition des Grands Lacs. Toutefois, il a fait froid (entre 12 et 14 °C) pour cette période de l’année. C’est incroyable de se retrouver avec de telles températures en plein mois de juillet !\nLes conditions routières sont parfaites. Le bitume est sans imperfections et les voies de dépassement sont fréquentes. La circulation est fluide. J’ai beaucoup de temps pour réfléchir et je trouve difficile d’accepter ou même de m’expliquer pourquoi, avec un climat identique, les routes du Québec sont si minables. J’aimerais tellement visiter davantage ma province, mais l’état de la chaussée me fait constamment hésiter.\nLa plupart du temps, je suis seul. Je croise rarement d\u0026rsquo;autres véhicules et j\u0026rsquo;en dépasse quelques-uns plus lents de temps à autre. Il fait relativement beau, malgré un peu de pluie en cours de journée.\nJe décide d’entrer dans la ville de Thunder Bay pour prendre une pause bien méritée et explorer un peu l’endroit. Ouf, une autre ville fantôme sans grand intérêt ; la visite se limite donc à quelques rues.\nJe continue rapidement ma route vers l’extrême ouest de la province. Je décide de braver le froid (qui s\u0026rsquo;atténue en fin de journée) pour faire une nuit de camping, question d’économiser un peu et de me sentir vraiment en vacances !\nOuf, 30 $ pour une nuit de camping, ce n’est pas donné ! On est loin des tarifs européens. Enfin, au moins, je suis bien installé et, en prime, un beau lac ne cesse de m’appeler. L’eau est un peu froide, mais le saut en vaut la peine ! Et oui, je suis officiellement en vacances.\n","date":"10 juillet 2008","externalUrl":null,"permalink":"/fr/post/02_day-2-ontario-bis/","section":"Journal","summary":"Une longue traversée vers l’ouest de l’Ontario entre routes impeccables et températures automnales, se terminant par une première nuit de camping.","title":"Jour 2: L'Ontario... Bis !","type":"post"},{"content":"09h00 Rushing River Provincial Park (ON)\n12h00 Winnipeg (MB) 270 km\nLa Pluie ! (Remarquez le P majuscule !)\nIl a plu légèrement toute la nuit, mais la chance m’a offert une brèche d’une heure au réveil pour ranger mes affaires et préparer la moto.\nVoyager de cette façon est vraiment différent ; je suis totalement à la merci de la météo et de la nature. Tout est mouillé.\nPremière leçon : toujours garder les vêtements du lendemain matin dans la tente ! Ce n’est pas évident de sortir chercher ses effets dans le froid et la pluie. Je perds rapidement ma chaleur corporelle et je dois vite m’habiller pour rester confortable.\nMa première nuit en forêt m\u0026rsquo;a donné du fil à retordre et m\u0026rsquo;a coûté relativement cher, mais elle fut relaxante et appréciée. J’imagine que je vais finir par établir une routine et que les choses deviendront plus simples avec la pratique.\nChose encourageante : je suis déjà en avance sur mon plan de match et j’ai peu de route à faire aujourd’hui pour me rendre à Winnipeg, où je compte passer la nuit. 250 km maximum ! C’est un jeu d\u0026rsquo;enfant.\nÉvidemment, rien n’est jamais si facile à moto.\nLa température descend sous les 10 degrés et la pluie s’en mêle sérieusement. Et quand je dis pluie, je ne parle pas d\u0026rsquo;une petite averse douce, mais de gouttes d\u0026rsquo;un litre provenant directement de l\u0026rsquo;époque glaciaire ! Je m’arrête pour faire le plein à Kenora (ON), un joli village entouré de lacs, mais le déluge m’empêche toute visite approfondie.\nLa couverture nuageuse est si dense qu’il fait littéralement noir. Après 45 minutes, me voilà au Manitoba ! Comme promis, je dois prendre une photo de la pancarte, mais sous quel orage ! Je prends mon courage à deux mains et m’arrête sur le bord de la route pour deux clichés rapides au milieu des éclairs.\nC’est impressionnant de voir comment le passage de la frontière transforme le paysage. Presque instantanément, je passe d’une route sinueuse bordée de lacs à une autoroute à quatre voies, droite à l’infini. Malgré la pluie, la conduite devient facile. J’enclenche le régulateur de vitesse et je relaxe un peu en prenant ma \u0026ldquo;douche\u0026rdquo; en roulant. Blague à part, mon équipement ne fait pas le poids : je suis détrempé.\nL’eau traverse mon manteau (BMW Rallye 2 Pro), ma coquille (North Face), ma veste chauffante et finit par mouiller mon chandail. Mes gants, trop courts, laissent aussi passer l’eau. Je devrai m\u0026rsquo;ajuster et trouver des solutions, car cela m’inquiète pour la portion nordique de l’aventure. Pour la première fois, je me demande vraiment ce que je fais ici.\nUn vieil ami, Nigel, que je croiserai à Calgary à la fin du voyage, est originaire de Winnipeg et m’a proposé de loger chez sa mère, Ivy.\nWinnipeg n’est pas une destination touristique en soi, mais elle est significative pour moi. En 1985, j’y avais passé l’été à l’Université du Manitoba pour une immersion anglaise. C’était mon premier voyage en avion et mon premier périple sans mes parents. Je tenais à revoir la ville pour ces souvenirs.\nIvy, originaire de la Jamaïque, m’accueille comme un roi. Quelle gentillesse ! Ce n’est pas simple : je suis trempé et elle a préparé un repas élaboré. Pourtant, j\u0026rsquo;hésite : Winnipeg sous la pluie ne m\u0026rsquo;enchante guère, et si je reste, je veux explorer la ville et souper au centre-ville.\nJe descends au sous-sol pour appeler Nadine. Elle est si excitée qu\u0026rsquo;elle me raconte quatre choses à la fois. Nous discutons déjà de modifier ses plans de vol pour nous rejoindre à Vancouver plutôt qu\u0026rsquo;à Prince Rupert. Si le reste du trajet ressemble à ces derniers jours, elle n\u0026rsquo;appréciera pas le froid et la pluie entre Prince Rupert et Vancouver.\nAprès cet appel, je retourne discuter avec Ivy et décide finalement de rester, car le ciel commence à se dégager miraculeusement.\nJe me rends à l’Université du Manitoba. Incroyable : je ne me rappelle de rien ! Pourtant, les édifices sont superbes et historiques. Les yeux d’un jeune de 16 ans ne voient manifestement pas la même chose que ceux d’un homme de 40 ans.\n2008-07-11-winnipeg-46.jpg\nJe passe ensuite par le centre-ville. Rien de spécial, mais le beau temps s\u0026rsquo;installe pour de bon, confirmant ma décision de passer la soirée ici.\nDe retour chez Ivy, je démonte à nouveau mes bagages. Mon système n\u0026rsquo;est pas au point ; je perds trop de temps à charger et décharger. Je devrai repenser ma stratégie. Pour le lunch, l\u0026rsquo;odeur du poulet jamaïcain d\u0026rsquo;Ivy est irrésistible. Nigel avait raison : c\u0026rsquo;est délicieux !\nPlus tard, je retourne au centre-ville. Je repère quatre motos garées sur un trottoir. Je décide de les imiter pour éviter les parcomètres. Je verrouille tout, active l\u0026rsquo;alarme et m\u0026rsquo;apprête à visiter quand un agent de sécurité m\u0026rsquo;interpelle : c\u0026rsquo;est un stationnement réservé à Postes Canada.\nHeureusement, il est sympathique. Voyant d\u0026rsquo;où je viens, nous discutons 30 minutes. Finalement, il me laisse stationner là et propose même de surveiller ma moto !\nLa visite peut commencer. Winnipeg me rappelle un mélange de Denver et Chicago, en format réduit. Ce qui frappe le plus, c\u0026rsquo;est la pauvreté et la mendicité, particulièrement chez les autochtones au centre-ville. De ça, je m\u0026rsquo;en souvenais.\nJe visite rapidement The Forks, Saint-Boniface et l’Exchange District. La ville semble un peu calme, peut-être parce que je suis habitué à l\u0026rsquo;effervescence de Montréal ou de villes comme Barcelone.\nHeureusement, les Irish Pubs sont les mêmes partout ! Après deux bières, la ville s\u0026rsquo;anime un peu plus. Je poursuis chez le voisin, le \u0026ldquo;Oui Bistro\u0026rdquo;. Je suis agréablement surpris par le repas et l\u0026rsquo;ambiance. Le vin est très apprécié après ces quelques jours de route. Petite note culturelle : mon steak-frites m\u0026rsquo;a été servi avec du ketchup\u0026hellip; définitivement, je ne suis plus à Montréal !\nIl est minuit passé quand je rentre chez Ivy. Demain sera une grosse journée : je vise Edmonton. Plus de 1300 km et 13 heures de route\u0026hellip; On verra bien si j\u0026rsquo;y parviens !\n","date":"11 juillet 2008","externalUrl":null,"permalink":"/fr/post/03_day-3-ontario-end/","section":"Journal","summary":"Une traversée éprouvante sous un déluge glacial vers le Manitoba, suivie d’une escale nostalgique à Winnipeg et de retrouvailles chaleureuses.","title":"Jour 3: L'Ontario, la fin (enfin !)","type":"post"},{"content":"06h15 Winnipeg (MB)\n19h30 Edmonton (AB) 1400 km\nL’Aventure débute tôt ! Cadran à 05h50. Comme tout est prêt sur la moto (préparé la veille !), je quitte quelques minutes plus tard et j\u0026rsquo;attaque la route avec détermination. Surprise : premier chemin de gravier ! Vive le GPS\u0026hellip; mon Garmin Zumo 550 me fait passer par une petite route improbable. Ensuite, je m’attaque au Manitoba, à la Saskatchewan et à l’Alberta.\nHier c\u0026rsquo;était la pluie, aujourd’hui, c\u0026rsquo;est le vent ! Et une petite pluie fine pour agrémenter le tout. Quand je parle de vent, je parle de rafales violentes à 80 km/h : la moto vacille constamment, la tête veut s’envoler et, pour compléter la recette, il fait un beau 12 °C.\nAprès cinq heures de souffrance (littéralement), je suis congelé, épuisé et, oui, je me demande bien ce que je fais seul au milieu de la Saskatchewan alors que je pourrais être avec ma copine, les pieds dans l’eau d’un lac chaud au Québec !\nAprès une pause internet dans une station-service, j’enfile mon manteau Windstopper de North Face et je retourne en enfer. Je réalise que j’ai sur le dos toutes les épaisseurs possibles. Si j’ai encore froid, je n’ai plus de solution :\nCamisole et chandail à manches longues techniques Veste chauffante avec manches Widder Coquille (shell) North Face Windstopper North Face Rallye 2 Pro de BMW Heureusement, avec toutes ces couches, je n\u0026rsquo;ai plus froid. De plus, les nuages se dissipent, le vent tombe un peu et je peux enfin reprendre mon souffle. Les plaines de la Saskatchewan peuvent vraiment être brutales !\nAprès 10 heures de route, l’Alberta arrive enfin, et le beau temps aussi !\nCe serait mentir de dire que ce fut une journée facile ou même plaisante. Il y a eu des moments très sombres. Je me surprends même parfois à chasser les oiseaux sur le bord de la route avec mon klaxon ; étonnamment, ça change les idées et fait passer le temps. Je fais aussi des acrobaties sur la moto pour soulager mes jambes et mon derrière.\nJe regrette beaucoup de ne pas avoir acheté un siège d\u0026rsquo;appoint plus performant. J’ai acquis un coussin AirHawk 2 qui aide un peu, mais le siège de série de ma GS n’est simplement pas conçu pour les trajets aussi longs. La route devient inconfortable, voire douloureuse.\nFinalement, j\u0026rsquo;arrive à Edmonton dans un hôtel réservé sur internet pour 65 $. Pas si mal (ce sera finalement mon hôtel le moins cher au Canada !). Évidemment, pas le temps de se reposer, c’est samedi soir après tout. Je vide à nouveau la moto : les pneus, les vêtements, l’équipement de camping mouillé. Une douche et hop, le centre-ville m’appelle !\nÀ ma grande surprise, il n’y a pas de surprise ici. Je m’attendais à beaucoup, mais Edmonton (\u0026ldquo;Ed-monotone\u0026rdquo; comme certains s\u0026rsquo;amusent à dire) est totalement morte. Les rues sont vides. C\u0026rsquo;est un centre-ville typiquement américain où les pick-ups et les dragsters se partagent la chaussée. La seule avenue animée est Whyte Ave, dans le quartier Old Strathcona. Après avoir marché de long en large, je me retrouve au Keg pour un souper et un verre de vin. Ça veut tout dire !\n","date":"12 juillet 2008","externalUrl":null,"permalink":"/fr/post/04_day-4-the-prairies/","section":"Journal","summary":"Une traversée épique de 1400 km à travers le Manitoba, la Saskatchewan et l’Alberta, luttant contre des vents violents et un froid mordant avant d’atteindre Edmonton.","title":"Jour 4: Les Prairies","type":"post"},{"content":"Pas de route aujourd’hui !\nLevé tard, bien reposé. J’en profite pour aller visiter le West Edmonton Mall, le plus grand centre d’achat intérieur au monde et, surtout, la Mecque de la société capitaliste américanisée.\nEnsuite, je me rends chez Mountain Equipment Coop pour dénicher quelques articles de plein air. Quelle belle boutique et quelle ambiance ! Je me dirige ensuite vers le centre-ville. À part un petit festival culinaire, c’est littéralement mort. La longue marche sur le bord de la rivière est toutefois plaisante. Je finis par faire quelques courses en me demandant bien où je vais ranger tout cela demain matin !\nJe retourne à l’hôtel pour passer quelques appels car demain, la vraie Aventure commence et, avec elle, le blackout cellulaire !\nPetit souper à la chandelle imaginaire dans le Kinsman Park en tête à tête, ou plutôt oreille à oreille avec Nadine et Jean (un ami qui vient aussi de s’acheter une GS !). Ensuite, retour à l’hôtel pour préparer la machine en vue d\u0026rsquo;un départ matinal !\n","date":"13 juillet 2008","externalUrl":null,"permalink":"/fr/post/05_day-5-edmonton/","section":"Journal","summary":"Une journée de repos bien méritée à Edmonton pour visiter le célèbre centre d’achat, refaire les provisions et préparer l’équipement avant le début du blackout cellulaire.","title":"Jour 5: Edmonton","type":"post"},{"content":"06h30 Edmonton (AB)\n19h30 Tetsa River Campground (100 km au nord de Fort Nelson, BC) 1150 km\nJe n’étais vraiment pas en forme ce matin. 06h00, c’est tôt pour moi qui ne suis pas du tout matinal, mais je réalise qu’il faut partir très tôt pour parcourir de longues distances, même s’il est possible de rouler tard puisque le soleil se couche à peine à cette latitude.\nLa route fut longue et monotone, surtout en Alberta. L’entrée en Colombie-Britannique a apporté un peu de variété au paysage et l’arrivée à Fort Nelson a coïncidé avec l’apparition tant attendue des Rocheuses !\nMétéo : froid, évidemment. Pluie sporadique et 9 degrés !\nJ’aime la liberté que procure la moto par rapport à l’automobile, mais je porte tellement de couches que le poids de mes vêtements entrave mes mouvements. Pour la liberté, on repassera ! À un certain moment, j’avais même le capuchon de ma coquille sur la tête, SOUS mon casque ! Tout un spectacle.\nLes villes croisées sont comme des champignons surgis du boum pétrolier de la région. C’est malheureux de contempler cette belle nature tout en sentant très clairement l’odeur des raffineries.\n18h00 : Mon premier ours sauvage ! Trop cool ! Une photo de touriste et hop, je le laisse tranquille.\nJe termine la journée dans un camping régional. Terrain #1 : tranquille, isolé, propre et pour seulement 14 $ ! Le seul problème reste la pluie intermittente et le froid. Et quand la pluie cesse, ce sont les maringouins qui passent à l\u0026rsquo;attaque ! Heureusement, mon chasse-moustiques (Watson) est, à ma grande surprise, très efficace.\nEntre deux averses, je monte la tente. Quand il pleut trop, je n’ai pas le choix de me réfugier sous les arbres. Je réussis tant bien que mal à cuisiner mes pâtes arrabbiata.\n23h00, l\u0026rsquo;heure du dodo. Ce n\u0026rsquo;est pas évident car il fait encore si clair !\n","date":"14 juillet 2008","externalUrl":null,"permalink":"/fr/post/06_day-6-british-columbia/","section":"Journal","summary":"L’entrée en Colombie-Britannique marque le début des Rocheuses et ma première rencontre avec un ours sauvage, malgré le froid persistant et les moustiques voraces.","title":"Jour 6: Colombie-Britannique","type":"post"},{"content":"07h00 Tetsa River Campground (BC)\n16h00 Whitehorse (YK) 861 km\nSuperbe journée de moto malgré un maigre 4 °C en matinée, mais la situation se replace un peu par la suite. Enfin, les vraies Rocheuses ! Peu après le départ du camping, le paysage devient finalement ce à quoi je m’attendais de l’Ouest canadien : montagnes, lacs et animaux sauvages (chevreuils, ours, bisons, caribous). La route est splendide et la météo clémente. Le passage dans le Stone Mountain Provincial Park et l\u0026rsquo;arrivée sur l’Alaska Highway ont fait de cette journée la meilleure à ce jour. Je sens que je m\u0026rsquo;approche de mes objectifs ; je suis enfin là où je voulais être.\nJ’arrive à Whitehorse vers 16h00. Après un petit tour de reconnaissance et une visite au centre d\u0026rsquo;information touristique pour dénicher un hôtel (80 $), je me dirige chez Honda. Au programme : changement d\u0026rsquo;huile et pose de nouveaux pneus (des TKC80 pour la Dempster Highway) pour 125 $.\nÀ 18h00, je suis déjà de retour à l’hôtel ! Incroyable. J’ai passé des journées à planifier cette étape importante du voyage et le résultat est là : je savais exactement où aller et je n’ai pas perdu de temps à chercher ou à tourner en rond. Vive la planification et le GPS !\nCela me permet de profiter de la fin d’après-midi pour prendre quelques bières avec deux motards en route vers le nord sur des BMW (une RT de l\u0026rsquo;Ohio et une 1100GS de l\u0026rsquo;Alberta).\nSoirée mouvementée à regarder des bagarres de rue. Le centre-ville est, une fois de plus, plutôt désert, mais nous sommes mardi après tout.\nJe suis surpris de croiser autant de Québécois. Le gérant du service chez Honda vient d\u0026rsquo;ailleurs de Montréal. Il m’informe que les salaires ici sont très intéressants et que 20 % de la population de Whitehorse est originaire du Québec. Je ne m’attendais pas à cela et, pour être franc, je ne comprends toujours pas ce qui pousse les gens à venir s\u0026rsquo;installer ici de façon permanente.\nJe retourne à l’hôtel vers 23h00 pour préparer la moto pour la ligne droite vers Inuvik.\nLeçon de la journée : ne jamais laisser le répulsif à ours (bear spray) avec les vêtements ! Ouf, ça ne sent pas bon et, surtout, ça brûle !\n","date":"15 juillet 2008","externalUrl":null,"permalink":"/fr/post/07_day-7-yukon/","section":"Journal","summary":"Une journée spectaculaire à travers les Rocheuses jusqu’au Yukon, entre rencontres avec la faune sauvage, entretien de la moto à Whitehorse et une leçon mémorable sur le poivre de Cayenne.","title":"Jour 7: Yukon","type":"post"},{"content":"07h30 Whitehorse\n12h30 Entrée de la Dempster Highway\n23h30 (00h30 heure locale) Inuvik !!!!! 1230 km\nAujourd\u0026rsquo;hui fut la journée de moto la plus difficile de ma vie.\nRien à signaler entre Whitehorse et Dawson City, à part quelques sections en gravier pour cause de construction et quelques animaux toujours aussi surprenants ! J\u0026rsquo;en profite pour suivre un groupe de GS, mais j\u0026rsquo;ai vite fait de les dépasser pour continuer seul, car leur rythme était un peu trop lent.\nDébut de cette route si attendue (Dempster Highway) vers 12h30, après avoir fait le plein à 1,75 $ le litre !\nLa route est superbe. Après 5 ou 6 km, on roule sur un gravier bien compacté qui permet de maintenir une bonne vitesse.\nAprès 40-50 minutes, on traverse le Tombstone Provincial Park et le paysage est simplement à couper le souffle. Cela ressemble aux majestueuses étendues découvertes en Argentine ou au Chili. On se retrouve rapidement en conditions de haute montagne, avec même un peu de neige dans les rivières. Toutefois, je suis chanceux : la météo est parfaite avec un beau 25 °C.\nMa journée la plus chaude à ce jour se déroule en Arctique !\nIl est difficile de parcourir 5 km sans s’arrêter pour contempler l’horizon à perte de vue. Encore une fois, c\u0026rsquo;est un peu comme en Amérique du Sud, mais en beaucoup plus vert.\nIl y a très peu de voitures. Je passe parfois une heure sans croiser personne. C’est plaisant, mais effrayant à la fois : si j’ai un bris ou un accident, je suis vraiment seul. Je peux rouler confortablement à 100 km/h, mais je reste très vigilant pour des raisons évidentes.\nTout cela allait changer\u0026hellip; rapidement.\nAu nord du Yukon, juste avant d’entrer dans les Territoires du Nord-Ouest, la route se dégrade à la vitesse de l\u0026rsquo;éclair. Je passe très près de perdre le contrôle dans un gravier épais et mou qui me prend par surprise. Quel sentiment d’horreur.\nUn peu plus tard, je franchis les limites du cercle polaire. Clic photo de touriste et on continue, car il commence à se faire tard.\nLa fatigue est évidente. Je dois rester concentré à 100 % pour repérer les pièges de la route, ce qui est de plus en plus fréquent puisque je dois conduire debout très souvent.\nDeux traversiers en une heure. Passé Fort McPherson, la route se détériore au point où ma vitesse chute considérablement. Je suis constamment debout et sur le qui-vive. Si je tombe ici, je préfère ne pas imaginer les conséquences. Je frôle la catastrophe à cinq ou six reprises, mais je réussis à sauver les meubles.\nLes 300 derniers kilomètres se font debout, à 50-60 km/h. Une véritable épreuve d’endurance, de détermination et de pilotage.\nLe paysage montagneux laisse place à la toundra. Il est tard et je dois travailler fort pour garder la moto sur la route. Une perte de contrôle ici est grave, car la route est construite sur du pergélisol : on a dû ériger une base de 3 ou 4 mètres de gravier par-dessus le sol. Si je quitte la chaussée, je tombe littéralement de 4 mètres de haut !\nJe me fais dépasser par quelques camions qui soulèvent une poussière dense. Si une voiture les suivait, le conducteur ne me verrait jamais ! Heureusement, il est tard et je suis presque seul.\n23h30, 16 heures plus tard : me voilà enfin à Inuvik ! Sain et sauf.\nJe fais rapidement le tour du village et me rends au camping situé 2 km avant l\u0026rsquo;entrée de la ville. Je vais y dormir ma meilleure nuit à ce jour, malgré la clarté permanente.\nJe resterai ici deux jours car je ne reprends pas la route demain ; je suis trop épuisé. En plus, j’ai droit à une nuit gratuite au camping puisque je suis arrivé après minuit !\nCette route fut toute une expérience et une sacrée épreuve. Une chance que j’avais installé des pneus TKC80 (hors route) sur la moto. Le retour sera différent : j’ai l’intention de prendre mon temps, de prendre des photos et de rouler moins vite\u0026hellip; du moins, c’est ce que je pensais !\nLa moto est si sale que dès que je la touche, je me souille. J’irai la laver demain, car mes vêtements sont encore contaminés par le répulsif à ours !\n","date":"16 juillet 2008","externalUrl":null,"permalink":"/fr/post/08_day-8-the-dempster-highway/","section":"Journal","summary":"L’épreuve ultime : 16 heures de route éprouvantes et 1230 km pour atteindre Inuvik, entre paysages grandioses de l’Arctique et sections de gravier périlleuses.","title":"Jour 8: Dempster Highway (TNO)","type":"post"},{"content":"Inuvik (TNO)\nLevé : 10h00 !!! Ouf, ça fait du bien !\nLe camping est simple mais propre, silencieux et abordable (14 $ pour deux nuits !). Je me rends à l’autre camping (municipal) pour faire ma lessive. Le village est petit et typique. Rien d’extravagant ici, mais tout est adapté au tourisme, à commencer par le centre d\u0026rsquo;information touristique qui est une mine d’or. Les gens y sont très sympathiques.\nJe fais ensuite le tour de la ville à pied. Étonnamment, les boutiques offrent de belles choses et le supermarché propose une bonne sélection, malgré des prix gonflés de 30 à 40 %. Je passe chez Moe’s pour acheter un autocollant, puis à l’hôtel de ville où l\u0026rsquo;on remet une épinglette souvenir pour le 50e anniversaire d’Inuvik.\nLe village n’a rien de spécial en soi, si ce n’est sa localisation. Il représente toutefois un bel exemple de courage et de détermination vu son contexte nordique. À la bibliothèque municipale, j\u0026rsquo;assiste au lancement d\u0026rsquo;un livre sur l\u0026rsquo;histoire de la ville par M. Dick Hill. Il est accompagné d’un homme inuit légendaire, un explorateur avec qui il discute des changements climatiques, de l’évolution du village et de l’adaptation des Premières Nations. C\u0026rsquo;est passionnant. Je me permets même un échange avec l’auteur et son acolyte sur les raisons de mon voyage. Évidemment, je ne peux résister à l\u0026rsquo;envie d\u0026rsquo;acheter le livre.\nEnsuite, je vais rendre visite aux policiers de la Gendarmerie Royale du Canada pour voir un peu comment fonctionne la justice ici. Je suis très bien accueilli par une agente qui me fait faire le tour du propriétaire. Étrangement, elle est ici par choix et aspire à travailler dans des régions encore plus éloignées ! Elle doit fréquemment se déplacer en avion vers le Grand Nord pour des assignations temporaires ou des enquêtes criminelles.\nChose frappante : à la mi-juillet, le registre compte déjà 1200 détenus, alors que la population d\u0026rsquo;Inuvik est d\u0026rsquo;environ 4000 personnes. Bien que cela ne signifie pas que le quart de la population a été arrêté, ce chiffre révèle une problématique évidente d\u0026rsquo;alcoolisme au sein de la communauté.\nPar la suite, je me rends à moto au bout de la route, littéralement ! Le chemin s’étire sur 8 km au nord du village. Il est en très mauvais état et il n\u0026rsquo;y a rien de spécial à voir, mais je pourrai dire que je me suis rendu à l’endroit le plus nordique accessible en véhicule au pays !\nQue d’émotion ! Ça vaut bien une bière. Je me rends au Shiver’s, un bar étonnant situé dans un hôtel sur la rue principale. C’est un lounge moderne et propre, peut-être un peu trop pour mon budget de touriste (10 $ la bière !). Je décide de passer au magasin d\u0026rsquo;alcool pour prendre une bouteille de vin et de souper au camping malgré les 10 degrés. Étonnamment, la sélection de vins est excellente et je déniche une bonne bouteille d\u0026rsquo;Argentine à prix raisonnable.\n","date":"17 juillet 2008","externalUrl":null,"permalink":"/fr/post/09_day-9-inuvik/","section":"Journal","summary":"Une journée de repos et de découvertes culturelles à Inuvik, entre rencontres historiques à la bibliothèque, visite de la GRC et l’atteinte du point le plus au nord de la route.","title":"Jour 9: Inuvik","type":"post"},{"content":"Inuvik (TNO) 08h30 – Eagle Plains (YK) 17h30 | 366 km\nLa journée la plus difficile et dangereuse du voyage.\nLa nuit s’avère froide et je ne dors pratiquement pas. Au début du voyage, j’avais décidé de partir léger, ce qui impliquait des compromis sur l’équipement de camping, notamment le sac de couchage. Pour sauver de l’espace, j\u0026rsquo;ai pris un modèle ultra-compact adapté à des températures d\u0026rsquo;été (+7 °C). Je réalise maintenant mon erreur : les nuits sont désagréables et le froid m’empêche de récupérer.\nJe me lève épuisé, sans savoir ce qui m’attend. Il a plu légèrement hier et probablement toute la nuit. J\u0026rsquo;accueille d\u0026rsquo;abord cette humidité avec enthousiasme, pensant qu\u0026rsquo;elle limitera la poussière soulevée par les camions. Je quitte Inuvik vers le sud. J\u0026rsquo;avoue en avoir assez du froid et du vent ; je commence à rêver de chaleur et de confort.\nDès le départ, je reste prudent. La route semble d\u0026rsquo;abord praticable, mais tout va basculer après 100 km.\nAprès Fort McPherson, la chaussée devient extrêmement glissante. Sur le deuxième traversier, un préposé m’avertit que le chemin est très détérioré au sud. Je me dis naïvement que ça ne peut pas être pire que ce que j\u0026rsquo;ai déjà traversé. Mauvaise réponse.\nLe mélange de gravier, de pluie et de froid crée une boue visqueuse et collante. C’est comme rouler sur de la neige fondante avec une machine de 400 kg équipée de pneus d\u0026rsquo;été. L’inévitable se produit : la chute.\nHeureusement, je roulais lentement. Mais je me retrouve couvert d\u0026rsquo;une boue épaisse. Relever la moto est une épreuve physique colossale car le sol est fuyant. Je dois décharger tous mes bagages dans la boue pour l\u0026rsquo;alléger. Je me sens terriblement seul au monde. Par miracle, je réussis à repartir, très lentement.\nLe découragement s\u0026rsquo;installe. Dois-je faire demi-tour ? Non, je veux sortir de cet enfer au plus vite et je sais que la route s\u0026rsquo;améliore au Yukon. Je poursuis, mais 500 mètres plus loin, je perds ma concentration en croisant une voiture et je retombe. Cette fois, impossible de la relever seul. Je suis trop épuisé.\nAprès une heure d\u0026rsquo;attente sous la pluie, une voiture s\u0026rsquo;arrête. Les passagers m\u0026rsquo;aident à remettre la moto d\u0026rsquo;aplomb en quelques secondes. Je les remercie, confus de voir leurs chaussures propres maintenant ruinées par la boue. Je recharge tout et repars\u0026hellip; pour tomber une troisième fois 200 mètres plus loin.\nLe moral est au plus bas. Il n\u0026rsquo;y a nulle part où s\u0026rsquo;asseoir, tout est trempé et mou. La présence de grizzlis dans le secteur m\u0026rsquo;interdit de camper sur place. Mon objectif est désormais clair : atteindre Eagle Plains, à 160 km de là, sans jamais retomber.\nLa technique est simple : dès que la couleur de la route change, je ralentis à moins de 5 km/h, les pieds au sol pour stabiliser la machine. Je bénis ma BMW pour sa première vitesse \u0026ldquo;Enduro\u0026rdquo; très courte et mes pneus TKC80 qui mordent dans la mélasse.\nJe ne croise aucune autre moto. C\u0026rsquo;est un signe qui ne trompe pas.\nVers 17h30, j’aperçois enfin le refuge d’Eagle Plains. Quel soulagement ! À mon arrivée, un groupe de motards américains m\u0026rsquo;accueille : les automobilistes qui m\u0026rsquo;avaient aidé leur avaient signalé ma présence. Les gars du garage me passent, moi et la moto, au jet d\u0026rsquo;eau pour enlever le plus gros de la croûte boueuse. La boue a tellement chauffé sur les échappements que le chrome est devenu orange.\nJe prends une chambre à 125 $. En mode survie, le prix n\u0026rsquo;importe plus. Une douche chaude, un appel rapide à Nadine pour la rassurer sans l\u0026rsquo;effrayer, et je rejoins les autres voyageurs au bar.\nJ\u0026rsquo;apprends que les cinq motards en GS sont arrivés la veille sur un camion du gouvernement : ils n\u0026rsquo;ont pas pu passer par la route. L\u0026rsquo;un d\u0026rsquo;eux a même fini 4 mètres plus bas dans la toundra. Ce sont des experts de plus de 50 ans, et ils sont unanimes : ce sont les pires conditions qu\u0026rsquo;ils aient vues de leur vie. Et je suis passé après eux, avec une journée de pluie supplémentaire.\nDemain, je devrai décider si je poursuis vers le sud. Cette journée restera gravée dans ma mémoire, même si je m\u0026rsquo;en serais volontiers passé.\n","date":"18 juillet 2008","externalUrl":null,"permalink":"/fr/post/10_day-10-surviving-the-artic/","section":"Journal","summary":"La journée la plus périlleuse du voyage : une lutte épuisante contre la boue glaciale de la Dempster Highway, marquée par plusieurs chutes et une détermination mise à rude épreuve.","title":"Jour 10: La survie en Arctique","type":"post"},{"content":"09h30 Eagle’s Plain\n14h30 Fin du Dempster Highway\n15h00 Dawson City\n20h00 Camping (1 heure avant Whitehorse) | 810 km\nC’est incroyable comment une bonne nuit de sommeil redonne de l’énergie.\nRapidement, je sors et constate que la météo est beaucoup plus calme. Les nuages sont présents, mais en altitude, et les vents sont faibles, ce qui est généralement un bon signe.\nCertains voyageurs hésitent encore à monter vers Inuvik et me demandent mon avis. Je comprends leur désir de s\u0026rsquo;y rendre — c’est le voyage d’une vie pour plusieurs — mais la sécurité passe avant tout. Pour ma part, je n\u0026rsquo;irais pas, surtout qu\u0026rsquo;il faudra ensuite revenir et que les prévisions restent mauvaises pour les prochains jours. Mais l’humain a besoin de voir et de ressentir pour comprendre la réalité ; je leur souhaite donc bonne chance.\nJ\u0026rsquo;évalue rapidement que la situation est bien meilleure qu\u0026rsquo;hier. On m\u0026rsquo;informe que cette fenêtre météo ne durera qu\u0026rsquo;une journée avant le retour des averses. La décision est prise : je veux sortir de cet enfer ! Je sais que ce sera difficile, mais comparé à hier, c’est une journée d’été. Un peu de brume m\u0026rsquo;accompagne, mais rien d\u0026rsquo;inquiétant.\nLes membres de GSRiders.us semblent hésitants à partir. Ils prendront leur décision plus tard. Ils me demandent de les informer des conditions en cours de route, mais ce sera impossible par manque de réseau.\nJe suis heureux de voyager seul. Les décisions sont plus simples. L’histoire me donnera raison : le groupe partira trop tard et sera rattrapé par le mauvais temps. L\u0026rsquo;un des membres subira une grave perte de contrôle, plusieurs fractures, et devra être évacué par hélicoptère.\nJ’amorce bien le trajet. La route est beaucoup plus stable qu’hier et je parviens à maintenir une bonne vitesse la majorité du temps. Je reste toutefois vigilant face aux sections boueuses. La grosse GS est impossible à diriger sur ce type de sol ; je m\u0026rsquo;arrête avant chaque flaque pour m\u0026rsquo;y aventurer prudemment.\nÀ mi-chemin, je croise un cycliste de Calgary qui monte vers Inuvik\u0026hellip; Voilà un vrai dur ! La route est déserte. Je croise rarement des véhicules et je dépasse une première moto : une vieille BMW R100 des années 80 chevauchée par un couple d\u0026rsquo;Allemands. Incroyable !\nIl n’y a qu’un seul pont sur cette route, et ce fut un plaisir de le traverser. Par la suite, les conditions s\u0026rsquo;améliorent au point où je peux rouler à 100 km/h ! Quel bonheur. Je reste concentré à 100 % pour flairer le danger et percevoir les changements de couleur du gravier, surtout lorsqu\u0026rsquo;il devient noir ou reluisant. Malgré l’amélioration, je dois encore souvent \u0026ldquo;sauver les meubles\u0026rdquo; pour éviter la chute. C’est normal de pousser un peu la machine, car la route est interminable. Le paysage est superbe, et malgré les risques, je me dis que ça en vaut vraiment la peine.\nAprès 300 km, la route se dégrade de nouveau et je dois ralentir sérieusement pendant 50 km. Mais vers 14h15, je regarde mon GPS : il ne reste que 12 km ! Un immense soulagement m\u0026rsquo;envahit, balayant toutes les épreuves des derniers jours. Ça y est, j\u0026rsquo;ai vaincu le Dempster Highway !\nFait cocasse : à quelques kilomètres de la sortie, je croise un couple s\u0026rsquo;engageant sur la route en carriole, avec deux chevaux et des chapeaux de cowboy !\nComme rien n\u0026rsquo;est jamais simple dans ce coin de pays, les 10 derniers kilomètres sont pénibles et je dois rouler au pas. Mais à 14h30, je vis l\u0026rsquo;un des plus beaux moments du voyage : de l\u0026rsquo;asphalte ! Quel bonheur, quelle douceur. Quelle belle invention que le bitume !\nAprès avoir appelé Nadine, je me dirige vers Dawson City, à 30 km à l\u0026rsquo;ouest. Un festival de musique s\u0026rsquo;y déroule. Je pensais que le village resterait tranquille vu son isolement, mais erreur : il déborde de fêtards et les rues boueuses sont bondées. À l’office de tourisme, une dame en costume d\u0026rsquo;époque m’annonce avec regret que tout est complet. Elle me donne les coordonnées d\u0026rsquo;un camping provincial situé\u0026hellip; à 500 km de là, près de Whitehorse ! Je dois reprendre mon courage à deux mains. Je lave la moto, prends quelques photos et je repars. Pas le choix.\n","date":"19 juillet 2008","externalUrl":null,"permalink":"/fr/post/11_day-11-surviving-the-artic-end/","section":"Journal","summary":"Le soulagement de quitter l’enfer de boue du Dempster Highway pour retrouver l’asphalte, suivi d’une traversée imprévue vers le sud après avoir trouvé Dawson City bondée.","title":"Jour 11: La survie en Arctique, suite et fin","type":"post"},{"content":"06h30 Camping (Twin Lakes, 120 km à l’ouest de Whitehorse)\n18h30 Stewart (BC) 1160 km\nAutre longue et difficile journée de moto.\nLa matinée est fraîche (6 °C). Pas de pluie en début de parcours, mais mon entrée en Colombie-Britannique est célébrée par de belles averses accompagnées d’un froid glacial.\nAprès quelques heures de route monotone, je m’engage sur la Cassiar Highway. Malgré la fatigue qui m’envahit, je ne peux qu’apprécier cette superbe route perdue dans la forêt de l’ouest de la province. Elle est sinueuse et l’apparition de hautes montagnes agrémente le tout. Mais les 600 km restants me semblent énormes, car je viens d’en terminer 600 autres ! Ici, les distances sont formidables et il n’y a pas vraiment de points d\u0026rsquo;intérêt, hormis un village banal tous les 200 km.\nIl reste deux sections en gravier de 20 ou 30 km chacune. Malgré la pratique intense des derniers jours, elles sont très difficiles à aborder. J’ai comme un blocage mental, une appréhension pure et simple du gravier en moto ! La route est peu fréquentée, si ce n’est par les gros camions et les RV.\nAh, les RV (véhicules récréatifs). J’ai encore beaucoup de mal à comprendre ce qui pousse les gens à voyager avec leur maison ainsi que leur voiture attachée derrière. De quel type d’insécurité souffrent ces personnes pour devoir emmener tout ce qu’elles possèdent afin de se dépayser ? Surtout qu’ici, les VR sont presque des autobus\u0026hellip; pour deux personnes ! Et souvent, ils tirent un gros VUS ou une moto derrière. Only in America ! Quel gaspillage.\nHeureusement, la moto me permet de dépasser et de me faufiler rapidement malgré les nombreuses courbes et pentes. J’arrive enfin sur la route de Stewart où je croise le superbe Bear Glacier. Quelques photos de touriste et je continue vers la ville.\nEn fait, \u0026ldquo;village\u0026rdquo; est plus approprié pour décrire Stewart. \u0026ldquo;Village fantôme\u0026rdquo; serait même encore plus juste ! Tout semble s’être arrêté il y a 100 ans ici. Je suis à la recherche du bureau d\u0026rsquo;information touristique quand je trouve par hasard un lave-auto à pression. Quel bonheur de laver la machine ainsi que mes vêtements ! Le propriétaire est très sympathique ; il m’explique qu’il y a seulement deux hôtels dans le village et me conseille fortement le Ripley’s.\nQuelle belle surprise. Je suis accueilli à bras ouverts dans une superbe petite oasis typique, ornée d’antiquités. Un endroit charmant et très économique ! En prenant les clés de ma chambre, je croise trois Belges. Je leur pique une petite jasette (belle expression québécoise !) qui se terminera au restaurant de l’hôtel, le Ripley’s Café, devant quelques bonnes bouteilles de vin et un repas de haute qualité. L’endroit est magnifiquement décoré.\nNous échangeons sur des sujets passionnants. Je constate une fois de plus que, comme Québécois francophone, j’ai beaucoup plus d’affinités avec les Européens qu’avec les anglophones américains ou canadiens.\nSuperbe soirée qui me redonnera certainement des forces pour rejoindre le soleil (je l’espère !) demain. Je réalise que la compagnie et les conversations m’ont fait un bien immense, car j’avais accumulé beaucoup de \u0026ldquo;points solitude\u0026rdquo; ces derniers jours.\n","date":"20 juillet 2008","externalUrl":null,"permalink":"/fr/post/12_day-12-cassiar-highway/","section":"Journal","summary":"Une longue traversée sur la sinueuse Cassiar Highway à travers les montagnes de la Colombie-Britannique, se terminant dans le charme historique et convivial de Stewart.","title":"Jour 12: Cassiar Highway","type":"post"},{"content":"08h30 à 09h30 Alaska\n09h30 Stewart (BC)\n18h00 Prince George (BC) | 700 km\nLevé à 08h30 sans cadran ! Je décide de faire un saut rapide en Alaska.\nC’est un sentiment particulier ; ce n\u0026rsquo;est pas tous les jours qu\u0026rsquo;on peut dire une chose pareille ! Évidemment, comme toujours, tout se déroule sous la pluie. Le village de Hyder (AK) est à peine à cinq minutes de Stewart. Aucune douane pour l’entrée aux États-Unis, mais l’endroit semble en pleine décrépitude. Rien à voir ici, si ce n’est le Salmon Glacier qui, techniquement, se trouve en Colombie-Britannique, mais dont l’accès ne se fait que par l’Alaska. Je décide de m’y rendre malgré les 25 km de gravier\u0026hellip; encore !\nMalheureusement, le brouillard gâche un peu la vue, mais je peux tout de même apercevoir le superbe glacier se dresser au loin. C\u0026rsquo;est très impressionnant.\nJe retourne ensuite dans mon pays. Cette fois-ci, je dois passer par un poste frontalier où les douaniers canadiens me posent toutes sortes de questions : \u0026ldquo;Avez-vous une arme ?\u0026rdquo;, \u0026ldquo;Combien de temps êtes-vous resté aux USA ?\u0026rdquo;, \u0026ldquo;Rapportez-vous des marchandises ?\u0026rdquo;. Je les rassure rapidement : pas de AK-47 ni de grenades.\nJe m’arrête ensuite pour prendre un petit-déjeuner à la boulangerie du village. L\u0026rsquo;endroit me surprend par la qualité de ses produits et l’authenticité des gens. Le ventre bien plein (un chausson aux pommes ET une brioche !), j’attaque la besogne de la journée : huit heures de route dans le centre de la province. Mon objectif est modeste : me rendre à Prince George, passage obligé vu la configuration routière de cette région.\nLa route est belle. Je ressens que je reviens doucement vers la civilisation. Les villages (souvent des réserves autochtones) sont plus fréquents et le trafic augmente. Je dois manier la machine de façon un peu plus agressive pour dépasser, mais en moto, c’est un jeu d’enfant. Les fermes et les maisons décorent maintenant le paysage, ce que je n’avais pas vu depuis des lunes.\nDe passage à Smithers, je croise un concessionnaire Harley-Davidson. La tentation est trop forte : je m’arrête pour demander s\u0026rsquo;il est possible de changer mes pneus. Je roule toujours avec mes pneus hors route, ce qui affecte grandement la douceur de roulement et la traction sur le bitume.\nPour économiser, je décide de démonter les roues moi-même à l\u0026rsquo;extérieur. Coût : 65 $. Ensuite, direction le bureau de poste local pour expédier mon livre sur Inuvik et mon pneu avant chez ma mère au Québec (l’arrière est trop usé pour être conservé).\nEn moins d’une heure, je suis libre ! Plus de pneus à traîner sur la moto. Le soulagement et le bonheur de retrouver une telle douceur de roulement sont difficiles à décrire. Conséquence immédiate : une augmentation du confort et, surtout, de la cadence !\nVers 18h00, j’arrive à Prince George. Ou devrais-je dire, la ville fantôme de Prince George. Le centre-ville est littéralement vide, sans piétons et avec très peu de voitures. Je prends une chambre dans un motel et je file donner un lavage nécessaire à la moto. Je termine la journée par un souper au Keg (mon nouveau repère !) puisque rien d\u0026rsquo;autre n\u0026rsquo;attire mon attention dans cette ville déserte.\n","date":"21 juillet 2008","externalUrl":null,"permalink":"/fr/post/13_day-13-a-few-minutes-in-alaska/","section":"Journal","summary":"Une incursion rapide en Alaska pour admirer un glacier, suivie d’un retour progressif vers la civilisation marqué par un changement de pneus libérateur.","title":"Jour 13: Quelques minutes en Alaska !","type":"post"},{"content":"09h00 Prince George (BC)\n16h30 Kelowna (BC) 700 km\nRéveil tardif car je n’anticipe pas une très longue journée de route. Je constate que la fatigue du voyage s’accumule tranquillement. Comme il me reste encore un mois, je dois me ménager, d\u0026rsquo;autant plus que ma copine arrive bientôt !\nLa route est relativement banale. Il est surprenant de constater les similitudes entre le paysage local et celui du Québec dans cette partie de la Colombie-Britannique, à l\u0026rsquo;exception, bien sûr, de la qualité du pavé ! La journée débute dans la fraîcheur (10 °C), mais après quelques heures, un phénomène surprenant se produit.\nÀ la hauteur de Clinton (BC), j’entre dans la vallée d’Okanagan et la température grimpe de 15 à 35 °C en seulement 10 minutes ! Je passe de la forêt verdoyante aux montagnes désertiques, à l’herbe sèche et aux arbres sans vie. Je m’arrête aux abords de la route 97C pour appeler ma copine. Les gens me regardent bizarrement avec mes quatre épaisseurs et surtout ma veste chauffante ! J’en profite pour enlever quelques couches avant de repartir.\nLa 97C est une petite route d’arrière-pays superbe : sinueuse, bordée de montagnes et de rivières. Je traverse la ville de Merritt (BC), qui a des airs de Far West.\nFinalement, en fin d’après-midi, je parviens à Kelowna.\nLa ville\u0026hellip;\nLe trafic, la chaleur intense et le dépaysement ternissent un peu mon arrivée. Il est difficile de se retrouver dans une grande agglomération après avoir été habitué aux grands espaces pendant plusieurs semaines. C\u0026rsquo;est une transition trop rapide.\nLes hôtels sont hors de prix. Je me rends au camping suggéré par le bureau touristique, mais le site laisse à désirer. Je fais le tour du centre-ville et me résigne à prendre une chambre au Travelodge pour 150 $.\nLa soirée est difficile et marque certainement le point le plus bas du voyage. Je considère sérieusement de rentrer à Montréal. J’appelle Nadine pour lui expliquer mon état d’esprit, mais il n\u0026rsquo;y a pas grand-chose qu\u0026rsquo;elle puisse faire à distance. Je crois que le choc urbain a été difficile à absorber, tout comme la chaleur, qui est insupportable à moto sans climatisation. Mes belles matinées fraîches du Nord me manquent déjà !\nJe décide de me faire des pâtes avec mon réchaud dans le parc en face de l’hôtel, face au lac Okanagan, accompagné d’une bouteille de vin local. Je me lance dans une profonde réflexion.\nJe prends alors la ferme décision de rester, mais de retourner vers les montagnes à Whistler pour retrouver la nature et des hébergements à prix plus raisonnables (vive le camping !). Ce moment de solitude m\u0026rsquo;aura été bénéfique. Il aurait été inacceptable de rentrer immédiatement après être venu si loin ; j’aurais manqué trop de belles choses et je l’aurais amèrement regretté.\nJ’ai aussi fait la paix avec l’aspect monétaire. Je dépasserai largement le budget initial, mais j\u0026rsquo;ai décidé de cesser de compter chaque sou tout en restant raisonnable. Je réglerai les comptes de retour à la maison.\nJ’oubliais : à 21h00, il s\u0026rsquo;est mis à pleuvoir. À Kelowna, où il n’avait pas plu depuis des semaines !\n","date":"22 juillet 2008","externalUrl":null,"permalink":"/fr/post/14_day-14-kelowna-questions/","section":"Journal","summary":"Un choc thermique et urbain à Kelowna qui déclenche une remise en question profonde sur la suite du voyage, entre chaleur accablante et nostalgie des grands espaces nordiques.","title":"Jour 14: Kelowna, la remise en question","type":"post"},{"content":"09h00 Kelowna 13h00 Vancouver 400 km\nPetite journée de route en perspective. C’est incroyable comment les centaines de kilomètres me semblent minimes maintenant. La route est sinueuse et en altitude, mais il s’agit d’une grande autoroute à quatre voies. Je roule à 130-140 km/h très confortablement car la route est peu achalandée.\nMaintenant de retour dans la civilisation, je dois faire face à une de nos belles inventions : les bouchons de circulation ! Immobilisé quelques minutes, j’en profite pour vérifier le signal du réseau Fido. Quel bonheur, j\u0026rsquo;ai du signal ! Connexion Bluetooth avec le GPS et le casque, et me voilà sur la ligne en train de jaser avec ma copine et mes amis. Quelle belle petite chose que le cellulaire !\nMa destination finale est Whistler, mais je décide de faire un petit passage par Vancouver chez MEC pour acheter du combustible à réchaud. La boutique Mountain Equipment Co-op est immense et la sélection beaucoup plus élaborée qu’à Montréal. Quel bonheur d’être en moto : il n\u0026rsquo;y a pas de place pour rien acheter d\u0026rsquo;autre, vive les économies forcées !\nEnsuite, un arrêt chez le concessionnaire BMW Motorrad. Je suis bien accueilli. On prépare mon rendez-vous de la semaine prochaine en commandant les pièces nécessaires (siège déchiré) et j\u0026rsquo;en profite pour faire remplacer l’ampoule de mon phare avant.\nJ’hésite à quitter la ville car il fait beau et, franchement, les vibrations de Vancouver sont bonnes. J’appelle quelques hôtels moyens qui demandent 100 $, mais je pense tout à coup à un contact de mon ami Nigel qui travaille au Château Fairmont. Au début, elle m’indique que c’est complet, mais me demande de la rappeler un peu plus tard pour vérifier les annulations.\nJe me dirige tranquillement vers le centre-ville, superbe et vibrant. Finalement, elle me trouve une chambre pour deux nuits au Château Fairmont ! Quelques minutes plus tard, je rencontre cette personne très sympathique qui m’accueille comme si elle me connaissait depuis des lunes. Comme la chambre n’est pas prête, elle me présente le personnel et me donne un coupon pour un verre au bar de l’hôtel. C’était amusant de voir tous ces gens en veston me regarder : le touriste québécois avec son habit Rallye 2 Pro et son casque à la main ! La bière fut particulièrement froide et succulente.\nL’hôtel est simplement superbe. Il est situé en plein centre, dans le plus bel édifice patrimonial de la région (selon moi). C’est une construction des années 1900 avec des ornements et une toiture verte en pignons. Après quelques minutes, je découvre ma chambre… Aucun mot ne peut décrire le bonheur de se retrouver dans un endroit aussi luxueux et confortable ! J’ai failli me coucher et faire ma nuit immédiatement, mais comme il faisait beau, pas question de perdre de temps. Petite douche et c’est parti, j’attaque Vancouver !\nJe me dirige d’abord vers la rue Burrard, puis vers English Bay où se déroulent les premiers feux d’artifice de la saison. Le parc est bondé. Fait à noter : il y a tellement de policiers que je me demande si toute la force de Vancouver est présente. Il est évident que l’alcool n’est pas permis et la gestion de cette interdiction est remarquable.\nIl y a trois zones de protection évidentes :\nSur le site : une présence massive de l\u0026rsquo;ordre avec des patrouilles agressives d’équipes de trois agents. Aux entrées : un tri des citoyens et des patrouilles à vélo. En aval : des policiers à vélo qui abordent les gens pour vérifier le contenu des sacs. Tout cela pour des feux d’artifice ! On est loin des célébrations de Montréal où les gens arrivent avec leurs glacières, repas, vin et bière sans problèmes majeurs. En plus d’être un peu excessif, cela enlève du charme à l’événement. Différence de mentalité, j\u0026rsquo;imagine qu\u0026rsquo;il y a une raison historique à tout cela.\nComme il est 20h00 et que les feux ne débutent qu’à 22h00, je décide de marcher à contre-courant pour retourner à l’hôtel chercher un vêtement chaud. En chemin, je croise une superbe terrasse sur la pelouse et je ne peux résister à l’odeur des mets italiens. Après une bonne pizza au \u0026ldquo;garden patio\u0026rdquo;, je rentre vers l’hôtel lentement (le vin m’ayant un peu ralenti) et je croise un IGA en plein centre-ville.\nLe mot à la mode ici est Organic… Le premier étage est d’ailleurs réservé à ce type de produits. Je fais quelques provisions et continue ma route vers le Fairmont.\nDe nouveau, le luxe de ma chambre est un choc culturel. Je m’étends un peu sur le lit et regarde la télé sur l\u0026rsquo;écran plasma… Je crois que les feux d’artifice, ce sera pour une autre fois ! ZZZ ZZZ !\n","date":"23 juillet 2008","externalUrl":null,"permalink":"/fr/post/15_day-15-vancouver/","section":"Journal","summary":"Une transition radicale entre l’autoroute de montagne et le luxe urbain de Vancouver, passant du camping sauvage au confort cinq étoiles du Château Fairmont.","title":"Jour 15: Vancouver","type":"post"},{"content":"Vancouver\nAujourd’hui, ce sera une journée sans moto ! Petit-déjeuner dans la chambre, car il m\u0026rsquo;est très difficile de quitter ce lit si douillet et confortable.\nC\u0026rsquo;est une journée de marche sous le signe du parfait touriste : centre-ville, English Bay, Stanley Park, Kitsilano et Granville Island.\nPetite soirée au restaurant Bistrot Bistro et coucher tôt, car demain, on reprend la route !\n","date":"24 juillet 2008","externalUrl":null,"permalink":"/fr/post/16_day-16-the-tourist/","section":"Journal","summary":"Une pause bien méritée à Vancouver pour explorer la ville à pied, du Stanley Park à Granville Island, loin du bruit de la moto.","title":"Jour 16: Le touriste","type":"post"},{"content":"12h00 Vancouver 15h00 Peters Creek Campground (BC) sur la Sunshine Coast\nJe quitte Vancouver relativement tard (midi). Je voulais initialement me rendre à Whistler, mais comme il y a un gros festival rock à Pemberton, non loin de là, je décide de me rabattre vers la Sunshine Coast pour éviter les foules et les difficultés probables d\u0026rsquo;hébergement. De plus, une amie et son copain arrivent dans l’Ouest ce matin et passeront par là. Nous tenterons donc de faire une soirée de camping ensemble !\nJe prends le traversier à Horseshoe Bay.\nIl y a une longue file d’attente, car nous sommes vendredi et c’est une longue fin de semaine de congé pour la Colombie-Britannique. Quelle belle surprise quand le préposé me fait signe de la main de me diriger complètement vers la droite, vers l’unique ligne libre ! J’apprends, à ma grande satisfaction, que les motocyclettes sont toujours envoyées vers l’avant et embarquent les premières sur le navire.\nUne fois arrivé à Langdale, je me rends dans le village de Gibsons pour faire les provisions du festin de ce soir : steaks, bière, vin… Je suis prêt pour la fête ! Je crois que j’ai réellement besoin de voir des amis.\nJe file ensuite au terrain de camping pour monter le camp et relaxer un peu. Je retourne peu de temps après au village pour marcher et visiter. Gibsons est très sympathique et, comme il s’y déroule un festival, l’ambiance est particulièrement vivante et festive.\nAu retour, je m’arrête au marché pour ramasser deux sacs de bois afin de faire un feu et, surtout, pour cuire les superbes steaks qui m’attendent au frais. Pas évident de transporter des bûches en moto !\nÉvidemment, rien n’est jamais simple en voyage : mes amis se perdent à Vancouver. Ils sont en vélo (de vrais athlètes !) et n’ont pas trouvé la sortie pour le pont Lions Gate, manquant ainsi le dernier traversier.\nSniff, sniff\u0026hellip; je devrai faire cuire ma viande et faire la fête en solo !\n","date":"25 juillet 2008","externalUrl":null,"permalink":"/fr/post/17_day-17-sunshine-coast/","section":"Journal","summary":"Une escapade sur la Sunshine Coast marquée par le privilège des motards sur le traversier et une tentative de retrouvailles entre amis pour un festin de camping.","title":"Jour 17: Sunshine Coast","type":"post"},{"content":"Promenade sur la Sunshine Coast | 260 km\nPetite randonnée entre Gibsons et Earl’s Cove. Je décide finalement de ne pas prendre le deuxième traversier car je soupçonne que le paysage est relativement similaire de l’autre côté. De plus, mes amis me contactent pour me confirmer qu’ils sont enfin en route vers Gibsons. Je les rejoins en fin d’après-midi et nous préparons notre repas festif pour la soirée.\nCe fut une soirée bien plaisante. Nous avons échangé sur nos aventures, si différentes mais si similaires à la fois. Isabelle et Sylvain sont de bons amis, ultra sportifs. L’an passé, ils ont traversé l’Europe à vélo et, cette année, ils s’attaquent à la côte ouest américaine en débutant par Vancouver et son île. Ils feront finalement 2400 km en 27 jours. Quand je pense aux inconforts vécus lors de mes périples, les voir travailler si fort sur leurs montures remet tout en perspective… Un véritable exemple de planification, de performance et de courage !\nMes amis ont bien apprécié mes talents de chef et surtout les superbes steaks cuits sur le feu de camp\u0026hellip; Surtout qu\u0026rsquo;ils sont plutôt habitués aux repas froids et aux barres tendres ! (Ils m\u0026rsquo;en reparlent encore aujourd\u0026rsquo;hui !)\nÉvidemment, un peu de pluie est venue clore la soirée, suivie d\u0026rsquo;une belle nuit de camping pas trop fraîche.\n","date":"26 juillet 2008","externalUrl":null,"permalink":"/fr/post/18_day-18-friends/","section":"Journal","summary":"Retrouvailles festives sur la Sunshine Coast avec des amis cyclistes pour partager un repas mémorable autour d’un feu de camp.","title":"Jour 18: Friends!","type":"post"},{"content":"09h30 Langdale (BC) (Traversier)\n17h00 Hampton Campground, Manning Provincial Park (BC)\nPetite promenade sous la pluie. Je prévoyais initialement me rendre à Whistler, mais cette fois, ce sont les conditions météo qui ont changé mes plans. Je décide de me diriger vers la région de Hope et le Manning Provincial Park, où il semble y avoir une ouverture dans la couche nuageuse (vive l\u0026rsquo;Internet sur le iPhone !).\nLes averses cessent un peu après midi.\nJe passe par le village de Hope, puis je traverse le parc provincial jusqu’à Princeton (BC). La route est agréable avec de beaux passages en montagne. La densité de circulation est relativement élevée, car c’est une région très touristique.\nFait à noter : je dois faire très attention aux chevreuils, car leur présence est omniprésente ici. Je frôle la collision à deux ou trois reprises ! Disons que ça réveille, surtout qu\u0026rsquo;en moto, ce genre de contact ne pardonne pas.\nJe m’arrête ensuite au camping Hampton où je relaxe et prépare mon expédition en montagne prévue pour demain.\n","date":"27 juillet 2008","externalUrl":null,"permalink":"/fr/post/19_day-19-manning-provincial-park/","section":"Journal","summary":"Une traversée pluvieuse vers l’est pour atteindre le parc Manning, entre routes de montagne sinueuses et rencontres impromptues avec la faune locale.","title":"Jour 19: Manning Provincial Park","type":"post"},{"content":"08h00 Hampton Campground (BC)\n09h00 Skagit Valley Provincial Park (BC)\n18h00 Vancouver (BC) | 300 km\nLors de mon passage la veille, je m’étais arrêté dans une halte du parc provincial Manning où débutaient plusieurs sentiers de randonnée. J’avais été impressionné par la présence d’arbres vieux de 500 ou 600 ans.\nJ’y suis donc retourné aujourd\u0026rsquo;hui pour gravir Silverdaisy Mountain.\nC\u0026rsquo;est une belle montagne, très sauvage. La montée est assez difficile et constante. À l’entrée du sentier, on trouve une petite pancarte, semblable à celles des autoroutes du type \u0026ldquo;Adopt-a-Highway\u0026rdquo;, sauf qu\u0026rsquo;ici, l\u0026rsquo;inscription indique \u0026ldquo;Adopt-a-Trail\u0026rdquo; au nom de Sev Heiberg.\nSur le coup, je trouve cela un peu loufoque. Avec la solitude de la marche, je me surprends à y réfléchir et, surtout, à trouver cette idée totalement inutile : qui veut bien adopter un sentier pour voir son nom affiché au début du parcours ?\nLa marche est exigeante car la pente est abrupte. La montagne est déserte, ce qui augmente les chances de croiser des ours ou des grizzlis, un risque bien présent dans l’Ouest canadien. Je transporte d’ailleurs un poivre contre les ours (Bear Spray) et une petite clochette qui me rend fou, mais qui permet de s’annoncer pour ne pas surprendre l’animal.\nAprès trois heures de montée, au détour d\u0026rsquo;un virage serré dans un passage escarpé, je fais le saut de ma vie. Je tombe littéralement face à face avec un vieil homme, en plein milieu de la montagne !\nLe contact est saisissant : je marche depuis des heures sans signe de présence humaine, concentré sur les ours, et voilà que je sursaute devant un homme de plus de 80 ans ! Plus surprenant encore, il est en train de couper les herbes, les branches et les troncs qui encombrent le sentier.\nEt oui, je viens de croiser l\u0026rsquo;homme qui a adopté le sentier : Sev Heiberg.\nNous discutons plusieurs minutes et je découvre un homme extraordinaire qui rend mes réflexions initiales complètement erronées. Il a exactement 82 ans et se trouve là, au milieu d\u0026rsquo;une montagne difficile d\u0026rsquo;accès, même pour quelqu\u0026rsquo;un de jeune et d\u0026rsquo;expérimenté comme moi.\nCette rencontre m\u0026rsquo;a donné beaucoup de matière à réflexion pour ma dernière poussée vers le sommet.\nUn peu plus loin, je croise un homme dans la trentaine accompagné d\u0026rsquo;une jeune fille. Ils travaillent aussi à l\u0026rsquo;entretien. Ils m\u0026rsquo;expliquent qu\u0026rsquo;ils sont là pour aider M. Heiberg afin de populariser ce sentier méconnu. Nous retournons voir M. Heiberg car ils veulent une photo avec lui, ce que j\u0026rsquo;accepte volontiers de croquer.\nÀ mon retour, je croise encore M. Heiberg qui s\u0026rsquo;attaque à un tronc d’arbre tombé en travers du chemin\u0026hellip; avec une scie à main ! Je lui offre de terminer le travail. Les trois quarts sont déjà faits, mais j\u0026rsquo;ai dû travailler fort pour finir de scier l\u0026rsquo;arbre. Imaginez : il avait déjà coupé ce tronc à deux endroits. Je réalise que j\u0026rsquo;ai affaire à quelqu\u0026rsquo;un de hors du commun.\nDans la soirée, une recherche sur Internet me confirmera que cet homme fut l\u0026rsquo;un des grands explorateurs et alpinistes de l’Ouest canadien, ayant été le premier à gravir plusieurs hauts sommets en Colombie-Britannique.\nAprès cette aventure, je me suis rendu à Hope pour chercher un motel, n\u0026rsquo;ayant pas envie de camper. Finalement, j\u0026rsquo;ai contacté un ami résidant à Vancouver, Cameron, avec qui j\u0026rsquo;ai passé la soirée et qui m\u0026rsquo;a gentiment hébergé.\n","date":"28 juillet 2008","externalUrl":null,"permalink":"/fr/post/20_day-20-skagit-provincial-park/","section":"Journal","summary":"Une randonnée mémorable sur Silverdaisy Mountain marquée par la rencontre fortuite de Sev Heiberg, légende de l’alpinisme canadien, en plein entretien des sentiers à 82 ans.","title":"Jour 20: Skagit Valley Provincial Park","type":"post"},{"content":"Jour 21: 29 juillet 2008\nVancouver (BC)\nJournée pluvieuse à Vancouver. Je décide tout de même d’aller marcher en ville, car ma chambre au Fairmont ne sera prête qu’à 16h00. Soirée tranquille. Demain, ma copine arrive par avion, je devrai donc me lever tôt pour aller la chercher.\nJour 22: 30 juillet 2008\nVancouver (BC)\nJe me rends à l’aéroport international de Vancouver. Nadine m’y attend avec ses bagages. La pauvre, ce doit être difficile pour une femme de voyager avec un seul petit sac à dos ! Les contraintes de la moto ne sont pas évidentes.\nMalgré mes efforts, je dois me résoudre à renvoyer mes effets de camping à Montréal par la poste, car il est impossible de tout ranger avec la configuration actuelle. La seule solution aurait été d’acheter un sac étanche de type \u0026ldquo;Duffel\u0026rdquo; pour l\u0026rsquo;attacher par-dessus le top box, option que je finirai par adopter à contrecœur en fin de voyage.\nDe retour au centre-ville, Nadine ignore encore où nous dormons. Je lui avais dit de ne pas avoir trop d\u0026rsquo;attentes vu les prix élevés ici. Je passe devant le Fairmont et lui montre le superbe édifice en disant, à la blague, que ce serait plaisant de loger là. Évidemment, j’ai droit au petit commentaire habituel sur mes choix d\u0026rsquo;hôtels \u0026ldquo;judicieux\u0026rdquo;.\nJ\u0026rsquo;entre dans le Fairmont, mais elle ne me suit pas, pensant que c\u0026rsquo;est une mauvaise plaisanterie. Je la convaincs de venir voir l\u0026rsquo;intérieur. Quelle surprise pour elle de me voir prendre l’ascenseur, puis sortir une carte pour ouvrir une porte ! C’était un moment mémorable que j\u0026rsquo;ai pris plaisir à lui offrir.\nJours 23 et 24 : 31 juillet au 1er août 2008\nVancouver (BC)\nNous passons ces jours-ci à jouer les touristes. Le temps reste maussade, mais nous profitons tout de même de l\u0026rsquo;ambiance de la ville.\nJe me rends chez BMW Motorrad pour l’entretien des 20 000 km. Je m\u0026rsquo;informe pour un changement de pneus, car les miens sont très usés. Quelle surprise d’apprendre que les pneus, que je paie normalement 150 $à Montréal, se vendent 300$ ici ! Facture totale prévue pour deux pneus avec taxes et installation : près de 1000 $. Non merci. Bien que la moto soit mon unique moyen de transport, il y a des limites à se faire avoir sur les marges de profit.\nL’entretien seul coûte 500 $ pour un changement d’huile, un ajustement de valves et quelques vérifications. Je trouve les coûts imposés par le réseau BMW totalement exagérés. Avec le recul, j\u0026rsquo;aurais fait le changement d\u0026rsquo;huile moi-même et attendu mon retour à Montréal pour le reste.\nMa décision de garder mes pneus actuels me causera quelques soucis. Les rainures à l\u0026rsquo;arrière sont presque inexistantes et le pneu avant présente des bosses. Sur pavé sec, c\u0026rsquo;est gérable, mais sous la pluie constante, c\u0026rsquo;est inquiétant. Comme nous sommes désormais deux sur la moto, l\u0026rsquo;usure s\u0026rsquo;accélérera. C\u0026rsquo;est un pari risqué, mais je le maintiens pour éviter de perdre une demi-journée de vacances à attendre une livraison.\nAutre imprévu : nous devions aller à Whistler, mais un éboulement majeur a fermé la route Sea to Sky. Nous changeons nos plans pour refaire la Sunshine Coast, puis direction l’île de Vancouver pour visiter Tofino et Victoria.\nJour 25: 2 août 2008\nVancouver (BC) – Gibsons (BC)\nJour 26: 3 août 2008\nGibsons (BC) – Comox (BC, via Powell River)\n","date":"3 août 2008","externalUrl":null,"permalink":"/fr/post/21_day-21-26-vancouver/","section":"Journal","summary":"L’arrivée de Nadine à Vancouver marque une transition vers un voyage en duo, entre surprises luxueuses au Fairmont et gestion logistique des coûts d’entretien BMW.","title":"Jours 21 à 26: Vancouver","type":"post"},{"content":"Comox (BC) – Tofino (BC) | 200 km\nLa route entre Comox et Tofino est superbe, mais la progression est très lente à cause, encore une fois, des VR. Certaines portions sont sinueuses et accidentées, alors ces fameuses \u0026ldquo;tortues\u0026rdquo; (je les appelle ainsi car l\u0026rsquo;analogie est parfaite : elles sont lentes et portent leur maison sur le dos) roulent à 30 ou 40 km/h, parfois moins. Le secteur près du lac Kennedy est particulièrement ardu, avec des passages étroits et des montées abruptes. Même si la moto me permet une certaine liberté pour dépasser, je dois souvent patienter derrière de longues files de voitures bloquées.\nL\u0026rsquo;entrée dans le parc national Pacific Rim est frappante : en quelques minutes, nous passons de 30 °C à 15 °C, enveloppés par une épaisse brume océanique. Ce parc longe la mer à l’un des points les plus à l’ouest du pays, là où les vagues sont immenses. C’est d’ailleurs l’un des seuls endroits propices au surf au Canada. Les panneaux d’évacuation en cas de tsunami y sont omniprésents, ce qui est assez dépaysant à voir chez nous !\nPlusieurs personnes m’avaient averti de ne pas arriver à Tofino sans réservation. Nous avons toutefois eu la chance de dénicher une petite chambre dans un motel simple mais propre et silencieux, en plein centre du village. Cela nous a permis de poser la moto et de marcher un peu avant d\u0026rsquo;aller souper sur la superbe terrasse du restaurant Shelter, sur la rue principale.\n","date":"4 août 2008","externalUrl":null,"permalink":"/fr/post/22_day27-pacific-rim-highway/","section":"Journal","summary":"Une traversée sinueuse de l’île de Vancouver vers Tofino, entre les montagnes escarpées et l’arrivée spectaculaire dans la brume océanique du Pacifique.","title":"Jour 27: Pacific Rim Highway","type":"post"},{"content":"Jour 28 : 5 août 2008 Tofino (BC) – Victoria (BC) | 316 km\nJour 29 : 6 août 2008 Victoria (BC)\nVictoria fut l\u0026rsquo;une des plus belles surprises du voyage. J\u0026rsquo;ai été séduit par son charme, son architecture centenaire, ses vignobles et son port. Le centre-ville bourdonne d’activité sans jamais être trop bruyant ou oppressant.\nToutefois, ce n’est pas une ville qui semble encourager les déplacements en moto. J’ai eu la \u0026ldquo;chance\u0026rdquo; de recevoir une contravention pour m’être stationné au bout d’une rue, face à une voiture. Je fais pourtant cela partout ailleurs dans le monde sans aucun souci, probablement parce que, justement, cela ne dérange personne\u0026hellip; sauf ici.\nNous avons passé deux belles journées à jouer les parfaits touristes, sillonnant les rues et multipliant les photos. C\u0026rsquo;est quand même plaisant de ralentir le rythme de temps en temps !\n","date":"6 août 2008","externalUrl":null,"permalink":"/fr/post/23_day-28-29-victoria/","section":"Journal","summary":"Une escale charmante à Victoria, entre architecture centenaire et vignobles, malgré une petite mésaventure avec le stationnement local.","title":"Jours 28 et 29 - Victoria","type":"post"},{"content":"Victoria (BC) – Whistler (BC) | 250 km\nQuelle superbe route que la Sea to Sky Highway, surtout par une journée magnifique ! Je me suis retrouvé immobilisé pendant 30 minutes dans un bouchon, ce qui m\u0026rsquo;a laissé tout le loisir d\u0026rsquo;admirer des parois rocheuses si escarpées qu\u0026rsquo;elles en donnent presque le vertige.\nCette route illustre parfaitement ce qui différencie un voyage au Canada d\u0026rsquo;un périple en Europe. Le paysage offre des passages tortueux à couper le souffle, mais il est aussi évident que certains tronçons sont précaires, totalement à la merci de la solidité du roc. En Europe, un tunnel aurait sans doute été construit depuis longtemps. D\u0026rsquo;ailleurs, la route a déjà été fermée pendant près d\u0026rsquo;une semaine suite à un important éboulement qui a bloqué les deux voies et détruit la voie ferrée. C’est un endroit impressionnant, mais certainement l\u0026rsquo;un des plus risqués du parcours.\nComme Vancouver s\u0026rsquo;apprête à accueillir les Jeux Olympiques d\u0026rsquo;hiver de 2010, la route est en plein chantier. À la hauteur de Squamish, nous étions complètement à l\u0026rsquo;arrêt depuis plus de 30 minutes, lorsqu\u0026rsquo;une superbe BMW 650GS Dakar m\u0026rsquo;a dépassé par l\u0026rsquo;accotement en gravier. Quel réveil ! Réalisant que j\u0026rsquo;étais moi aussi à moto, je me suis lancé à sa poursuite — bien que sur une machine beaucoup plus imposante, chargée de bagages et avec une passagère !\nGrâce à cette manœuvre, nous avons remonté plusieurs kilomètres de voitures immobilisées pour rejoindre la seule voie libre. Un bon 30 minutes de gagné ! C’était franchement plaisant.\n","date":"7 août 2008","externalUrl":null,"permalink":"/fr/post/24_day-30-sea-to-sky-highway/","section":"Journal","summary":"Une traversée spectaculaire entre Victoria et Whistler, entre parois rocheuses escarpées et embouteillages olympiques.","title":"Jour 30: Sea to Sky Highway","type":"post"},{"content":"2008-08-08 au 2008-08-10 | Whistler (BC)\nLe village de Whistler est extrêmement dynamique et jeune. On y sent une action constante : vélo de montagne, compétitions, descentes de rivières\u0026hellip; Cela rappelle un peu Mont-Tremblant au Québec, mais en plus vaste, bien que peut-être un peu moins typique. Le village regorge de boutiques, ce qui fait évidemment le bonheur de Nadine, dont je perds rapidement la trace !\nNous avons décidé de passer trois nuits ici, profitant de la chance de séjourner au Fairmont à prix modique.\nUne de nos journées a été consacrée à l\u0026rsquo;ascension du mont Whistler. Le sommet culmine à plus de 2100 mètres, et le sentier propose un dénivelé de 1500 mètres nécessitant plus de 8 heures d\u0026rsquo;effort. Je recommande cette randonnée à tous les passionnés : les vues sur les glaciers, les lacs et la faune sont tout simplement spectaculaires. Bien que le sommet soit un peu dénaturé par les infrastructures de la station de ski et l\u0026rsquo;affluence touristique, cette montagne reste l\u0026rsquo;un des plus beaux endroits que j\u0026rsquo;ai gravis dans ma carrière d\u0026rsquo;aventurier.\nPetit bonus non négligeable : une superbe descente en télécabine gratuite pour revenir au village ! Je m\u0026rsquo;autorise rarement ce genre de luxe, car je grimpe avant tout pour la forme physique, mais une telle expédition aurait normalement nécessité deux jours. La descente mécanique nous a permis de tout boucler en une seule (grosse) journée. Par contre, la douleur aux pieds et aux jambes était bien réelle ; Nadine et moi avions d\u0026rsquo;ailleurs beaucoup de mal à marcher le lendemain !\nLes deux autres journées ont été beaucoup plus calmes, la météo s\u0026rsquo;étant montrée plutôt pluvieuse et sombre.\n","date":"10 août 2008","externalUrl":null,"permalink":"/fr/post/25_day-31-33-whistler/","section":"Journal","summary":"Trois jours à Whistler entre l’effervescence du village et l’ascension spectaculaire du mont Whistler culminant à 2100 mètres.","title":"Jours 31, 32 et 33: Whistler","type":"post"},{"content":"Whistler (BC) – Kelowna | 425 km\nUne véritable découverte : la route nord menant à Kelowna. Nous avons emprunté une boucle formée par la route provinciale 99 vers Cache Creek, puis la 97C, toujours aussi impressionnante. La première partie du trajet est particulièrement sauvage, serpentant à travers d’innombrables réserves autochtones, des cols, des lacs et des rivières. La faune y est omniprésente — ours, chevreuils et orignaux — ce qui impose une concentration maximale au guidon !\nAprès cette dose d\u0026rsquo;adrénaline, nous avons passé l’après-midi à explorer les vignobles. La soirée s\u0026rsquo;est conclue en beauté par un repas gastronomique et une superbe bouteille de vin au magnifique domaine Quail’s Gate. Entourés par les vignes et surplombant le lac Okanagan, nous avons admiré les montagnes passer de l’orange au rouge, puis au pourpre. Une soirée tout simplement mémorable.\n","date":"11 août 2008","externalUrl":null,"permalink":"/fr/post/26_day-34-kelowna/","section":"Journal","summary":"Traversée sauvage de la route 99 vers Kelowna, suivie d’une soirée gastronomique inoubliable au cœur des vignobles de l’Okanagan.","title":"Jour 34: Kelowna","type":"post"},{"content":"Kelowna (BC) – Jasper (AB) | 550 km\nJe dois admettre que Kelowna nous a un peu déçus. Bien que les vignobles soient superbes, la ville en elle-même manque de charme. Il faut probablement s\u0026rsquo;éloigner du centre pour découvrir les richesses du lac Okanagan, mais le temps presse : je tiens absolument à rejoindre la Icefields Parkway et à profiter des parcs nationaux de Jasper, Lake Louise et Banff.\nNous quittons les lieux assez tôt en direction de Lake Louise. La route est sinueuse, mais le trafic touristique dense ralentit considérablement notre progression.\nÀ notre arrivée à Lake Louise, nous sommes accueillis au bureau d\u0026rsquo;information touristique par une Montréalaise très sympathique. D\u0026rsquo;ailleurs, de nombreux employés des parcs nationaux sont Québécois, le bilinguisme étant une exigence stricte. On nous propose plusieurs sentiers de randonnée, mais trouver un hôtel s\u0026rsquo;avère impossible, du moins à moins de 200 $ la nuit !\nJe sors mon guide Lonely Planet pour tenter de réserver à Jasper, car les établissements y affichent souvent complet en fin de journée. Après deux ou trois appels, je décroche une chambre pour 88 $ dans un hôtel en plein cœur du village.\nL\u0026rsquo;esprit tranquille, nous nous engageons enfin sur la Icefields Parkway.\nWow !\nCette route est sans doute l\u0026rsquo;une des plus belles au monde. Il est difficile de parcourir deux kilomètres sans vouloir prendre dix photos. J\u0026rsquo;en suis réduit à élaborer toutes sortes de stratégies pour photographier tout en roulant ; ce n\u0026rsquo;est pas très prudent, j\u0026rsquo;en conviens, mais la tentation est irrésistible ! Les montagnes vertigineuses, les glaciers, les rivières et surtout les lacs d\u0026rsquo;un bleu turquoise éclatant défilent sans arrêt. C\u0026rsquo;est tout simplement impressionnant, le tout sous une météo parfaite.\nArrivés à Jasper en fin d\u0026rsquo;après-midi, nous nous installons dans notre petite chambre (propre et bien décorée) avant de partir explorer le village. L\u0026rsquo;ambiance y est agréable : touristique, mais sans la foule étouffante. Nous terminons la journée sur la terrasse d\u0026rsquo;un petit restaurant, admirant les sommets environnants. Il fait bien trop beau pour rester à l\u0026rsquo;intérieur !\n","date":"12 août 2008","externalUrl":null,"permalink":"/fr/post/27_day-35-jasper/","section":"Journal","summary":"Une traversée inoubliable sur la Icefields Parkway, l’une des plus belles routes au monde, entre glaciers et lacs turquoise.","title":"Jour 35: Jasper","type":"post"},{"content":"Jasper (AB) – Banff (AB) | 500 km\nOn dit souvent que revenir sur ses pas est synonyme de longueur et de platitude. Ici, c’est tout le contraire !\nNous reprenons la route vers Banff en traversant à nouveau les parcs nationaux (frais d\u0026rsquo;entrée de 19,60 $). Nous prenons notre temps, car les perspectives sont encore une fois impressionnantes. Cela nous « oblige » à multiplier les arrêts pour capturer quelques clichés mémorables.\nPour le lunch, nous profitons d\u0026rsquo;un pique-nique face au majestueux glacier Columbia (Columbia Icefield). J\u0026rsquo;avais visité cet endroit en 1984 et la transformation des lieux est incroyable, surtout le recul frappant de la glace. La fonte est si rapide que le glacier a reculé de plusieurs centaines de mètres depuis ma dernière visite. Il semble aussi beaucoup plus lisse, avec moins de crevasses profondes. C’est un spectacle qui reste tout de même saisissant.\nNous poursuivons vers Banff pour une arrivée vers 17h00. Heureusement, nous avions réservé la veille. Même si certains hôtels affichent encore de la disponibilité, je recommande fortement de réserver dans ce genre de zone touristique : une arrivée tardive signifie souvent devoir payer le prix fort pour les dernières chambres disponibles.\nLa ville est très animée, mais d\u0026rsquo;une manière très\u0026hellip; touristique ! C\u0026rsquo;est une véritable bulle où se croisent Allemands, Espagnols, Italiens, voyageurs asiatiques et, bien sûr, plusieurs Québécois, tous entassés sur les trottoirs et les rares terrasses.\nPour économiser un peu et profiter du beau temps, nous décidons de souper en plein air dans un parc. Trouver un bel espace vert au bord de la rivière ne prend que quelques minutes. Trouver la nourriture est plus complexe. On opte finalement pour des sushis. Après 45 minutes d\u0026rsquo;attente et une facture de 45 $ (on repassera pour les économies !), le festin est prêt. Il ne manque plus qu\u0026rsquo;une bonne bouteille de vin dénichée au Liquor Store.\nNous nous installons à une table de pique-nique avec vue sur la rivière, bien décidés à savourer cette quasi-dernière soirée.\nPetit oubli : nous n\u0026rsquo;avions pas réalisé que d\u0026rsquo;autres créatures étaient aussi à la recherche d\u0026rsquo;un festin\u0026hellip; et que les proies seraient deux touristes québécois ! À peine installés, les sushis déballés et le vin servi, nous sommes envahis par une armée de maringouins affamés. Malgré nos tentatives pour les chasser, il est impossible de rester en place. Après cinq minutes, nous devons prendre la fuite vers un endroit un peu plus hospitalier !\n","date":"13 août 2008","externalUrl":null,"permalink":"/fr/post/28_day-36-banff/","section":"Journal","summary":"Entre le recul frappant du glacier Columbia et un pique-nique mémorable (et écourté) à Banff, une journée riche en émotions et en paysages.","title":"Jour 36: Banff","type":"post"},{"content":"Banff (AB)\nAujourd\u0026rsquo;hui, c\u0026rsquo;est une journée dédiée au sport.\nSur les conseils judicieux d’une employée du parc national de Banff, nous partons gravir l\u0026rsquo;un des sentiers les plus exigeants du secteur : le Cory Pass. Une fois de plus, la météo est au rendez-vous. Le soleil brille, il fait chaud et il n\u0026rsquo;y a pas un souffle de vent !\nL’ascension est brutale. Le terrain est très escarpé dès le début, mettant les jambes à rude épreuve. Cependant, la récompense est de taille une fois arrivés au Cory Pass, quelques heures plus tard. Nous profitons de superbes conditions de haute montagne, littéralement entourés de pics rocheux verticaux dépassant les 3000 mètres d\u0026rsquo;altitude.\nLa journée se termine plus paisiblement par une visite du Château Fairmont\u0026hellip;\n\u0026hellip;Suivie de quelques bières froides bien méritées sur une terrasse.\n","date":"14 août 2008","externalUrl":null,"permalink":"/fr/post/29_day-37-a-bit-of-sport/","section":"Journal","summary":"L’ascension brutale du Cory Pass dans le parc national de Banff, récompensée par des vues vertigineuses sur les sommets de 3000 mètres.","title":"Jour 37: Journée de sport","type":"post"},{"content":"Banff (AB) – Calgary (AB) | 130 km\nSeulement 120 km séparent Banff de Calgary, ce qui nous semble dérisoire maintenant ! Nous effectuons un petit arrêt à Canmore (AB), un charmant village à la sortie du parc national de Banff, avant de nous engouffrer dans la métropole de Calgary.\nIl fait très beau, mais surtout très chaud. Encore une fois, la chaleur est souvent plus difficile à combattre que le froid et aujourd’hui ne fait pas exception. Je dois même enlever ma veste pour me soulager, ce qui est plutôt rare pour moi car j’ai toujours la crainte de voir ma peau faire connaissance avec le bitume ; je n\u0026rsquo;ai aucun doute sur l\u0026rsquo;identité du perdant dans un tel scénario.\nNous allons déposer nos effets chez mon ami Nigel, qui est au travail, pour ensuite nous diriger vers le centre-ville.\nNous y sommes accueillis par d’innombrables itinérants et, franchement, nous sommes assez déçus de l’endroit en général. Nous passons néanmoins le reste de la journée à nous promener dans les rues, sans trop savoir où aller. Nous demandons à quelques personnes où trouver un quartier animé avec boutiques, bars et restos. La réponse est invariablement la même : « Vous êtes à Calgary… Il n’y a pas de rue comme cela ici ! »\nOuch…\nNous rencontrons ensuite Anne-Marie, une amie de longue date avec qui j’allais au secondaire. Nous ne nous étions pas vus depuis plus de 25 ans ! Pourtant, en quelques minutes, nous étions aussi à l’aise que dans le bon vieux temps. Nous nous rendons ensemble au Melrose, un resto-bar sur la 17e Avenue. Quel choc culturel : les énormes camions (pick-ups) sont rois ici !\nNigel se joindra à nous plus tard pour une superbe soirée bien arrosée, meublée de souvenirs et de conversations passionnantes.\nNon, SVP madame, gardez votre chandail!\n","date":"16 août 2008","externalUrl":null,"permalink":"/fr/post/30_day-38-39-calgary/","section":"Journal","summary":"Une courte étape entre Banff et Calgary marquée par une chaleur accablante, un choc culturel urbain et des retrouvailles mémorables après 25 ans.","title":"Jours 38-39: Calgary","type":"post"},{"content":"05h30 Calgary\n22h30 Grand Rapids (MN) | 1645 km\nLe retour à la maison.\nMa copine repartant par avion à 06h00, je décide de quitter très tôt pour tenter de parcourir la distance entre Calgary et Montréal en seulement deux jours. Ce ne sera pas chose facile : il s’agit d’une course d’endurance contre la montre de 3700 km !\nJe dois planifier ce déplacement avec soin. Il est impératif que la météo soit clémente, car mes pneus sont littéralement au bout de leur vie. Pour raccourcir la route, je modifie l\u0026rsquo;itinéraire de mon GPS. Par défaut, il me fait passer par Chicago pour revenir au Canada par Sarnia, mais en passant par Sault Ste-Marie (ON), entre les lacs Supérieur et Michigan, je gagne plus de 300 km et 3 heures de route. Cela me permet de prévoir des journées de 18 heures de conduite pour environ 1700 km par jour.\nJe me sens de taille à relever le défi. Heureusement, une crête de haute pression semble couvrir cette partie de l’Amérique et aucune précipitation n\u0026rsquo;est prévue.\nLa matinée est parfaite. Je traverse les plaines de l’Alberta avec, pour spectacle, le lever de soleil orange et chaleureux de l’Ouest.\nJe traverse ensuite rapidement la Saskatchewan pour entrer aux États-Unis, dans le Dakota du Nord. Évidemment, j\u0026rsquo;ai droit à une petite fouille des douaniers américains. Quelle perte de temps.\nLa chaleur devient vite accablante et, dès le matin, je souffre de crampes sévères à l’estomac. La conduite devient une véritable épreuve. Je dois m’arrêter souvent pour m’allonger au sol afin de soulager mon abdomen. La douleur persistera toute la journée et m’obligera à m’arrêter à Grand Rapids (MN) vers 22h30, alors que mon objectif était Duluth, 150 km plus loin. Je n’en pouvais plus. Je me surprenais fréquemment à crier de douleur dans mon casque.\nHeureusement, la route était facile : de grandes lignes droites et des autoroutes peu achalandées, sans courbes ni intersections majeures.\nL’éclairage de ma BMW s’avère toutefois insuffisant pour rouler confortablement de nuit. Malgré les phares d’appoint d’usine, le faisceau ne couvre pas assez de distance ni de largeur. Dans une région où le risque de collision avec la faune est élevé, c\u0026rsquo;est un handicap majeur. Je devrai trouver une solution à mon retour.\nJe déniche rapidement un petit motel pour 45 $ (la grande différence de prix entre les USA et le Canada !). Je fais le plein et je m\u0026rsquo;endors en quelques secondes.\nC\u0026rsquo;est parfait, car le réveil est programmé pour 05h00 demain matin !\n","date":"22 septembre 2008","externalUrl":null,"permalink":"/fr/post/31_day-50-the-return/","section":"Journal","summary":"Le début d’une course d’endurance de 3700 km pour rentrer à Montréal, marquée par des paysages de plaines magnifiques et des douleurs physiques intenses.","title":"Jour 40: Le retour","type":"post"},{"content":"05h00 Grand Rapids (MN)\n00h15 Montréal | 1810 km\nDernière journée de ce long périple !\nMotivation : 110 %. Forme physique : 110 %. Météo : Parfaite. BMW : Pneus fatigués, mais prête pour l’action !\nRésultat : Départ en trombe vers Montréal qui m’attend paisiblement à 1800 km de distance. Rapidement, le décor rural laisse place à des zones plus urbaines. Contrairement à hier, le rythme est haché par de nombreux virages et changements de routes, m’obligeant à être plus actif sur la moto : dépassements fréquents, lecture attentive des courbes et surveillance constante du GPS, qui semble lui aussi excité par cette fin de voyage.\nJ’arrive au Canada (Sault Ste-Marie, Ontario) en fin de matinée après avoir été fouillé par les douaniers\u0026hellip; américains ! Oui, on me fouille pour sortir des USA. Quelle stupidité. Dire que l’an passé, j’ai traversé 15 frontières en Europe sans jamais m\u0026rsquo;arrêter. Il faut croire qu\u0026rsquo;en moto, il est facile de transporter une arme de destruction massive, ou que Ben Laden se cache peut-être dans mon top case !\nL’entrée au Canada, elle, se fait en dix secondes.\nHeureux d’entamer mon dernier droit (1000 km tout de même), je me laisse un peu aller sur les portions désertes.\nMalheureusement, la circulation devient dense et les travaux routiers ralentissent ma progression. Je suis même immobilisé 30 minutes à la hauteur de Sudbury. En soirée, la pluie fait son apparition au pire moment, alors que la noirceur recouvre déjà les forêts de conifères.\nLe tronçon entre Petawawa et Montréal n’est pas de tout repos. Mon appréhension face à la pluie, justifiée par mes pneus lisses et une visibilité quasi nulle, m’oblige à ralentir considérablement.\nJe suis accueilli à Montréal par les éternelles fermetures de routes. On commence par la 40, totalement fermée à l’entrée de l’île. Mais comme je ne suis pas un touriste ici, je décide de contourner le tout par l’autoroute 20. Je connais ma ville, vous n\u0026rsquo;allez pas me faire perdre une minute de plus ! Mon lit douillet (et ma copine) m’attendent.\nÉvidemment, le grand et majestueux ministère des Transports, dans sa capacité légendaire de planification, a aussi fermé la 20, seule route alternative !\nAprès plusieurs détours, quelques infractions créatives au Code de la sécurité routière et quelques jurons bien sentis, je me retrouve enfin devant ma maison. Je suis sain et sauf, mais je réalise soudain que le voyage est terminé. À ma grande surprise, je peine à descendre de la moto. Je prends quelques minutes pour réfléchir avant de trouver le courage de couper le contact, mettant un point final à cette superbe aventure dans l\u0026rsquo;Ouest canadien.\nDistance parcourue : 18 975 km (GPS) Odomètre final : 28 750 km\n","date":"18 août 2008","externalUrl":null,"permalink":"/fr/post/32_day41-the-last-stretch/","section":"Journal","summary":"L’ultime marathon de 1800 km pour boucler la boucle à Montréal, entre les douanes zélées, les travaux routiers et l’émotion de couper le contact une dernière fois.","title":"Jour 41: Le dernier droit","type":"post"},{"content":"Post Mortem\nMon voyage dans l’Ouest canadien fut planifié de longue date. Le travail de recherche a commencé en septembre 2007, dès la commande de ma BMW R1200GS Adventure 2008.\nInternet est une source de renseignements inépuisable. Des sites comme Horizons Unlimited, ADVrider et Moto Aventure Québec m’ont grandement aidé à me préparer mentalement, à choisir l\u0026rsquo;équipement et à tracer l\u0026rsquo;itinéraire pour l\u0026rsquo;Arctique.\nEn révisant ma planification initiale, je remarque que les principales différences résident dans le temps alloué. Les distances de 1200 km par jour sont finalement très accessibles dans cette partie du monde, et l\u0026rsquo;absence de points d\u0026rsquo;intérêt majeurs dans certaines sections incite à pousser plus loin pour gagner du temps.\nPoints forts de la préparation # GPS (Garmin Zumo 550) : Indispensable. Je n\u0026rsquo;ai pas de temps à perdre à chercher mon chemin. C\u0026rsquo;est un outil de performance qui permet de trouver un motel ou une adresse sans stress. Support GPS Touratech verrouillable : Offre une tranquillité d’esprit lors des arrêts rapides et la robustesse nécessaire pour les sentiers. Pneus TKC80 : Ils m’ont sauvé la vie au retour d’Inuvik. Les acheter à Montréal m\u0026rsquo;a aussi permis d\u0026rsquo;économiser une fortune par rapport aux prix pratiqués dans l\u0026rsquo;Ouest. Veste chauffante Widder : Je ne pourrais plus voyager sans elle. Le gradateur permet un ajustement thermique précis, essentiel dans le Nord. Suspension électronique (ESA/ASC) : Un net avantage sur les nouvelles GS 2008, surtout avec une machine lourdement chargée hors route. Throttle Lock : Ce n\u0026rsquo;est pas un régulateur de vitesse, mais il permet de reposer le bras droit et de manipuler des objets (casque, gants, nourriture) en roulant. Mécanique de base : Avoir pratiqué le changement de pneus avant le départ sécurise énormément l\u0026rsquo;esprit. Points faibles ou à améliorer # Gants BMW : Excellents pour 95 % du temps, mais insuffisants contre le froid intense et la pluie battante. Une coquille imperméable est nécessaire. Sac de couchage : Mon sac +7 °C, bien qu\u0026rsquo;ultra-compact, était trop juste. Un sac -7 °C est impératif, malgré l\u0026rsquo;encombrement supplémentaire. Stratégie de bagages : Ma volonté de tout verrouiller sur la moto limitait trop mon volume de rangement pour le matériel de camping complet. Éclairage : Les phares de série sont insuffisants pour la conduite nocturne sécuritaire dans les zones à haute densité de faune. Siège : La selle d\u0026rsquo;origine n\u0026rsquo;est pas conçue pour des journées de 18 heures. Même avec un Airhawk 2, la douleur devient vive. Une selle Sargent est prévue pour le prochain voyage. Casque (Nolan N102) : Ma plus grande déception. Bien que modulaire et compatible Bluetooth, il est trop lourd, bruyant, fragile et peu étanche. Pour un voyage plus exigeant (comme l\u0026rsquo;Amérique du Sud), je choisirais un modèle plus rigide et fiable. Mot de la fin # Je tiens à souligner l\u0026rsquo;incroyable hospitalité des gens de l\u0026rsquo;Ouest. Malgré les difficultés, le recul me fait déjà oublier la fatigue et je rêve déjà d\u0026rsquo;y retourner.\nL\u0026rsquo;Ouest canadien est majestueux, mais ses distances imposent le respect. Un kit de survie (tente, nourriture pour 3 jours, filtre à eau) est obligatoire, car on ne peut compter que sur soi-même en cas de pépin dans les régions isolées.\nJ\u0026rsquo;espère que ce carnet de voyage vous sera utile pour vos propres projets. N\u0026rsquo;oubliez pas : l\u0026rsquo;aventure avant tout !\n","date":"22 septembre 2008","externalUrl":null,"permalink":"/fr/post/33-post-mortem/","section":"Journal","summary":"Bilan complet de l’aventure : analyse de l’équipement, points forts de la préparation et leçons apprises après 19 000 km sur les routes de l’Arctique et de l’Ouest canadien.","title":"Post Mortem","type":"post"},{"content":"Livres et DVD qui ont aidé (grandement!) à préparer mon Aventure!\n\\[caption id=\"attachment\\_429\" align=\"alignnone\" width=\"140\" caption=\"Lonely Planet - British Columbia (ISBN 978-1-74104-584-0)\"\\]lonely_bc \\[/caption\\]\\[caption id=\"attachment\\_422\" align=\"alignnone\" width=\"140\" caption=\"Lonely Planet - Alaska (ISBN 1-74059-991-8)\"\\]lonely_alaska \\[/caption\\]\\[caption id=\"attachment\\_423\" align=\"alignnone\" width=\"140\" caption=\"Adventure Motorcylcing Handbook (ISBN 1-873756-80-1)\"\\]Adventure Motorcylcing Handbook (ISBN 1-873756-80-1) \\[/caption\\]\\[caption id=\"attachment\\_424\" align=\"alignnone\" width=\"140\" caption=\"Odyssey to Ushuaia (ISBN 1-55652-440-4)\"\\]ushuaia \\[/caption\\]\\[caption id=\"attachment\\_425\" align=\"alignnone\" width=\"140\" caption=\"Riding the World (ISBN 1-931993-24-6)\"\\]riding_world \\[/caption\\]\\[caption id=\"attachment\\_426\" align=\"alignnone\" width=\"240\" caption=\"Touratech 2008 (Catalogue)\"\\]touratech \\[/caption\\]\\[caption id=\"attachment\\_427\" align=\"alignnone\" width=\"140\" caption=\"Inuvik - A History: 1958 - 2008 (by Dick Hill ISBN 142515973-7)\"\\]inuvik \\[/caption\\]\\[caption id=\"attachment\\_428\" align=\"alignnone\" width=\"140\" caption=\"Inuvik in Pictrures: 1958 - 2008 (by Dick Hill ISBN 142514463-2)\"\\]inuvik_images \\[/caption\\]","date":"2 novembre 2008","externalUrl":null,"permalink":"/fr/books/","section":"Le Canada à moto - Du sud au cercle polaire !","summary":"Livres et DVD qui ont aidé (grandement!) à préparer mon Aventure!\n\\[caption id=\"attachment\\_429\" align=\"alignnone\" width=\"140\" caption=\"Lonely Planet - British Columbia (ISBN 978-1-74104-584-0)\"\\]lonely_bc \\[/caption\\]\\[caption id=\"attachment\\_422\" align=\"alignnone\" width=\"140\" caption=\"Lonely Planet - Alaska (ISBN 1-74059-991-8)\"\\]lonely_alaska \\[/caption\\]\\[caption id=\"attachment\\_423\" align=\"alignnone\" width=\"140\" caption=\"Adventure Motorcylcing Handbook (ISBN 1-873756-80-1)\"\\]Adventure Motorcylcing Handbook (ISBN 1-873756-80-1) \\[/caption\\]\\[caption id=\"attachment\\_424\" align=\"alignnone\" width=\"140\" caption=\"Odyssey to Ushuaia (ISBN 1-55652-440-4)\"\\]ushuaia \\[/caption\\]\\[caption id=\"attachment\\_425\" align=\"alignnone\" width=\"140\" caption=\"Riding the World (ISBN 1-931993-24-6)\"\\]riding_world ","title":"Bibliographie","type":"page"},{"content":"Un homme, 2 roues, 2 mois et 20 000 km d\u0026rsquo;Aventure !\nEnglish Version Depuis quelques années, j\u0026rsquo;ai eu la chance de visiter l\u0026rsquo;Europe et surtout l\u0026rsquo;Amérique du Sud, et ce, à quelques reprises durant plusieurs mois. J\u0026rsquo;adore voyager, découvrir de nouveaux horizons, des cultures et des langues différentes. J\u0026rsquo;aime visiter des cités totalement inconnues, gravir des montagnes et des volcans, marcher dans des déserts et des forêts humides.\nPourtant, je déteste conduire.\nEn fait, je ne déteste pas conduire, je suis simplement en aversion avec l\u0026rsquo;automobile et les conséquences qu\u0026rsquo;elle peut avoir sur la vie quotidienne d\u0026rsquo;un explorateur (et d\u0026rsquo;un résident montréalais !). Je n\u0026rsquo;aime certainement pas avoir à tourner en rond deux heures pour me stationner, ou simplement payer 100 euros pour faire le plein. Je n\u0026rsquo;aime pas non plus le sentiment d\u0026rsquo;encloisement et de détachement que procure le fait d\u0026rsquo;être à l\u0026rsquo;intérieur d\u0026rsquo;un habitacle fermé (ou même ouvert comme dans une décapotable).\nIl y a toujours la manière plus « réelle » de voyager selon moi, c\u0026rsquo;est-à-dire en transport en commun, avec un sac à dos. Cette méthode de découverte n\u0026rsquo;est pas toujours évidente cependant et comporte plusieurs contraintes. En effet, il est difficile de sortir des sentiers battus et de découvrir des endroits moins touristiques et plus reculés. Il faut se résoudre à adopter les destinations desservies par les autobus ou les trains, sinon s\u0026rsquo;en remettre aux taxis qui ne sont pas toujours très économiques.\nCette méthode, bien qu\u0026rsquo;elle permette un rapprochement avec la population locale, n\u0026rsquo;élimine pas l\u0026rsquo;encloisement et ne me procure pas toujours l\u0026rsquo;effet de liberté et de dépaysement que je recherche.\nDepuis que j\u0026rsquo;ai 16 ans, j\u0026rsquo;ai toujours possédé une voiture. Pour moi, c\u0026rsquo;était un besoin viscéral, un mode de vie et aussi un moyen de positionnement dans l\u0026rsquo;échelle sociale. Ce fut aussi une grande source de dépenses et, avec les coûts actuels de l\u0026rsquo;acquisition, de l\u0026rsquo;entretien et de l\u0026rsquo;essence, c\u0026rsquo;est devenu pour moi une dépense de trop, surtout par rapport aux distances parcourues annuellement.\nEn 2006, à la fin du contrat de location à long terme de mon véhicule, j\u0026rsquo;ai pris la décision de rendre la voiture et de ne pas renouveler le contrat. J\u0026rsquo;ai eu la chance, simultanément, d\u0026rsquo;être transféré pour le travail au centre-ville de Montréal. Résidant dans le quartier Notre-Dame-de-Grâce, je pouvais alors me permettre facilement de voyager en vélo ou de prendre le métro quand la météo n\u0026rsquo;était pas coopérante !\nÉvidemment, ce ne fut pas une adaptation facile. La conduite d\u0026rsquo;un vélo dans ma ville est « légèrement » périlleuse (chaussée impitoyable, conducteurs téméraires, piétons aveugles, météo\u0026hellip;). Le métro est relativement inconfortable car vraiment trop plein aux heures de pointe et trop souvent en panne. Lors d\u0026rsquo;une sortie automnale (la fameuse soirée du 5 à 7 à Montréal !), je décide de marcher sur la rue St-Laurent pour me rendre dans un petit bistrot d\u0026rsquo;Outremont quand je passe devant un détaillant Vespa. Elles sont charmantes, ces petites machines !\nEn fait, je n\u0026rsquo;avais jamais vraiment envisagé l\u0026rsquo;achat d\u0026rsquo;une moto et encore moins d\u0026rsquo;un scooter. Mon travail m\u0026rsquo;a donné la « chance » de constater les conséquences d\u0026rsquo;un accident de motocyclette et je m\u0026rsquo;étais promis de ne jamais acheter ce type de véhicule. J\u0026rsquo;ai possédé, au fil des ans, quelques motos mais sans trop de conviction. Inconfortable, non pratique, froid, chaud sont les mots qui me venaient à l\u0026rsquo;esprit et étaient associés à la moto.\nQuelques voyages en Europe m\u0026rsquo;ont toutefois fait découvrir une autre réalité. Sur ce continent, ce mode de transport est simplement lié à l\u0026rsquo;efficacité et constitue l\u0026rsquo;une des seules solutions pratiques aux engorgements urbains. En fait, je crois que là-bas, c\u0026rsquo;est un mode de vie et non un loisir comme ici.\nPour faire une histoire courte, deux jours plus tard, je déambulais à toute vitesse dans les rues saturées de Montréal sur une superbe Vespa GTx 250 !!! Wow, quelle superbe bécane ! Je suis libre, enfin !!! Vitesse de pointe de 140 km/h, facile de se faufiler dans la circulation dense. Évidemment, je ne suis pas en Europe où l\u0026rsquo;on retrouve ces machines à chaque coin de rue. Je me fais traiter de tous les noms par certains, alors que d\u0026rsquo;autres baissent leur vitre pour me faire part de leur approbation pour ce geste « écolo ». Mais en fin de compte, j\u0026rsquo;adorais ce nouveau mode de vie, au point de toujours vouloir aller un peu plus loin, en sortant parfois de la ville.\nCette machine, bien que proposant une vitesse de croisière permettant de circuler confortablement sur les autoroutes, n\u0026rsquo;est toutefois pas conçue pour cela. Le freinage, la direction, la motorisation et la suspension sont adéquats mais rendent les trajets plus substantiels inconfortables et parfois périlleux.\nAu printemps 2007, lors d\u0026rsquo;une promenade de fin de semaine, je fais une erreur qui me sera très coûteuse. Je m\u0026rsquo;arrête, juste pour « voir », chez un concessionnaire Motorrad BMW tout près de la maison. Deux jours plus tard, je me promenais en BMW R1200GS 2007 à la conquête du monde entier !!!\nJe suis totalement tombé en amour avec la série GS de BMW. Une machine que je ne connaissais pas vraiment mais qui, comme dans un rêve, m\u0026rsquo;attendait, comme si quelqu\u0026rsquo;un avait produit une moto destinée exactement à ce que je recherchais : l\u0026rsquo;Aventure.\nMon objectif est simple et clair : effectuer en solo un voyage entre le Canada et l\u0026rsquo;Argentine (plus précisément en Patagonie). Évidemment, tout cela ne se fait pas en quelques jours, ni même en quelques mois. Il faut pratiquer, pratiquer et encore pratiquer, mais surtout planifier et apprendre à connaître ses limites.\nL\u0026rsquo;été 2007 m\u0026rsquo;amènera dans les Maritimes et au Colorado. J\u0026rsquo;aurai parcouru 20 000 km, ce qui me permettra de constater les limites de la machine (et les miennes !). Au retour de Denver, je décide de regarder à long terme et d\u0026rsquo;échanger ma GS pour le modèle 2008 de la BMW R1200GS Adventure.\nC\u0026rsquo;est une moto semblable mais offrant des avantages venant combler les problèmes rencontrés lors de mes premiers voyages :\nAugmentation substantielle de l\u0026rsquo;autonomie grâce à un réservoir permettant de faire 700 km ; Transmission Enduro permettant une conduite plus facile hors route ou quand la moto est chargée (1ère vitesse plus courte) ; Meilleure protection avant avec un pare-brise plus grand ; Suspension électronique permettant des ajustements de conduite dans diverses conditions (routes cahoteuses, hors-route, passager et bagages) ; Système électrique plus puissant pour les accessoires (veste chauffante, GPS) ; Meilleure protection des jambes ; Position de conduite plus haute, un avantage dans les sentiers ou les routes accidentées ; Valises de rangement en métal (plus solides, plus d\u0026rsquo;espace, plus sécuritaires) ; Meilleur éclairage (phares d\u0026rsquo;appoint) ; Prises électriques pour accessoires ; Roues à rayons (plus solides). Je reçois finalement la bête en avril 2008 après de longs mois d\u0026rsquo;attente hivernale. En fait, l\u0026rsquo;hiver 2008 fut certainement le plus difficile de mon existence. Ayant acheté la moto, j\u0026rsquo;ai décidé de ne pas faire de voyage et cette décision a coïncidé avec l\u0026rsquo;hiver le plus rigoureux jamais enregistré au Québec ! Des mètres de neige, comme jamais ! Tout cela m\u0026rsquo;a, en contrepartie, permis de travailler fort à la planification d\u0026rsquo;une première sortie majeure qui aura comme objectif de servir de pratique pour un éventuel voyage en Patagonie : traverser mon pays et me rendre à Inuvik, dans les Territoires du Nord-Ouest. Au bout de la route car, littéralement, il est impossible en été de se rendre plus loin au pays.\nJ\u0026rsquo;ai envisagé au début de me rendre au Mexique, mais j\u0026rsquo;ai vite bifurqué vers le Canada pour une raison très simple : je n\u0026rsquo;avais jamais traversé et vraiment visité mon pays !\nJ\u0026rsquo;ai lu à peu près tous les sites web d\u0026rsquo;aventure, acheté quelques livres et débuté la rédaction de la planification des trajets et des effets nécessaires pour accomplir une telle traversée seul, de façon autonome.\nVoici donc un bref résumé de mon Aventure, rédigé quotidiennement dans mes temps libres.\nCommencer l'aventure Liste de toutes les publications English Version ","date":"2 novembre 2008","externalUrl":null,"permalink":"/fr/","section":"Le Canada à moto - Du sud au cercle polaire !","summary":"Un récit d’aventure de 20 000 km à travers le Canada, de Montréal jusqu’à Inuvik, à bord d’une BMW R1200GS Adventure.","title":"Le Canada à moto - Du sud au cercle 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