06h30 Camping (Twin Lakes, 120 km à l’ouest de Whitehorse)
18h30 Stewart (BC) 1160 km
Autre longue et difficile journée de moto.
La matinée est fraîche (6 °C). Pas de pluie en début de parcours, mais mon entrée en Colombie-Britannique est célébrée par de belles averses accompagnées d’un froid glacial.
Après quelques heures de route monotone, je m’engage sur la Cassiar Highway. Malgré la fatigue qui m’envahit, je ne peux qu’apprécier cette superbe route perdue dans la forêt de l’ouest de la province. Elle est sinueuse et l’apparition de hautes montagnes agrémente le tout. Mais les 600 km restants me semblent énormes, car je viens d’en terminer 600 autres ! Ici, les distances sont formidables et il n’y a pas vraiment de points d’intérêt, hormis un village banal tous les 200 km.
Il reste deux sections en gravier de 20 ou 30 km chacune. Malgré la pratique intense des derniers jours, elles sont très difficiles à aborder. J’ai comme un blocage mental, une appréhension pure et simple du gravier en moto ! La route est peu fréquentée, si ce n’est par les gros camions et les RV.
Ah, les RV (véhicules récréatifs). J’ai encore beaucoup de mal à comprendre ce qui pousse les gens à voyager avec leur maison ainsi que leur voiture attachée derrière. De quel type d’insécurité souffrent ces personnes pour devoir emmener tout ce qu’elles possèdent afin de se dépayser ? Surtout qu’ici, les VR sont presque des autobus… pour deux personnes ! Et souvent, ils tirent un gros VUS ou une moto derrière. Only in America ! Quel gaspillage.
Heureusement, la moto me permet de dépasser et de me faufiler rapidement malgré les nombreuses courbes et pentes. J’arrive enfin sur la route de Stewart où je croise le superbe Bear Glacier. Quelques photos de touriste et je continue vers la ville.
En fait, “village” est plus approprié pour décrire Stewart. “Village fantôme” serait même encore plus juste ! Tout semble s’être arrêté il y a 100 ans ici. Je suis à la recherche du bureau d’information touristique quand je trouve par hasard un lave-auto à pression. Quel bonheur de laver la machine ainsi que mes vêtements ! Le propriétaire est très sympathique ; il m’explique qu’il y a seulement deux hôtels dans le village et me conseille fortement le Ripley’s.

Quelle belle surprise. Je suis accueilli à bras ouverts dans une superbe petite oasis typique, ornée d’antiquités. Un endroit charmant et très économique ! En prenant les clés de ma chambre, je croise trois Belges. Je leur pique une petite jasette (belle expression québécoise !) qui se terminera au restaurant de l’hôtel, le Ripley’s Café, devant quelques bonnes bouteilles de vin et un repas de haute qualité. L’endroit est magnifiquement décoré.

Nous échangeons sur des sujets passionnants. Je constate une fois de plus que, comme Québécois francophone, j’ai beaucoup plus d’affinités avec les Européens qu’avec les anglophones américains ou canadiens.
Superbe soirée qui me redonnera certainement des forces pour rejoindre le soleil (je l’espère !) demain. Je réalise que la compagnie et les conversations m’ont fait un bien immense, car j’avais accumulé beaucoup de “points solitude” ces derniers jours.


