08h30 à 09h30 Alaska
09h30 Stewart (BC)
18h00 Prince George (BC) | 700 km
Levé à 08h30 sans cadran ! Je décide de faire un saut rapide en Alaska.
C’est un sentiment particulier ; ce n’est pas tous les jours qu’on peut dire une chose pareille ! Évidemment, comme toujours, tout se déroule sous la pluie. Le village de Hyder (AK) est à peine à cinq minutes de Stewart. Aucune douane pour l’entrée aux États-Unis, mais l’endroit semble en pleine décrépitude. Rien à voir ici, si ce n’est le Salmon Glacier qui, techniquement, se trouve en Colombie-Britannique, mais dont l’accès ne se fait que par l’Alaska. Je décide de m’y rendre malgré les 25 km de gravier… encore !


Malheureusement, le brouillard gâche un peu la vue, mais je peux tout de même apercevoir le superbe glacier se dresser au loin. C’est très impressionnant.

Je retourne ensuite dans mon pays. Cette fois-ci, je dois passer par un poste frontalier où les douaniers canadiens me posent toutes sortes de questions : “Avez-vous une arme ?”, “Combien de temps êtes-vous resté aux USA ?”, “Rapportez-vous des marchandises ?”. Je les rassure rapidement : pas de AK-47 ni de grenades.
Je m’arrête ensuite pour prendre un petit-déjeuner à la boulangerie du village. L’endroit me surprend par la qualité de ses produits et l’authenticité des gens. Le ventre bien plein (un chausson aux pommes ET une brioche !), j’attaque la besogne de la journée : huit heures de route dans le centre de la province. Mon objectif est modeste : me rendre à Prince George, passage obligé vu la configuration routière de cette région.
La route est belle. Je ressens que je reviens doucement vers la civilisation. Les villages (souvent des réserves autochtones) sont plus fréquents et le trafic augmente. Je dois manier la machine de façon un peu plus agressive pour dépasser, mais en moto, c’est un jeu d’enfant. Les fermes et les maisons décorent maintenant le paysage, ce que je n’avais pas vu depuis des lunes.
De passage à Smithers, je croise un concessionnaire Harley-Davidson. La tentation est trop forte : je m’arrête pour demander s’il est possible de changer mes pneus. Je roule toujours avec mes pneus hors route, ce qui affecte grandement la douceur de roulement et la traction sur le bitume.
Pour économiser, je décide de démonter les roues moi-même à l’extérieur. Coût : 65 $. Ensuite, direction le bureau de poste local pour expédier mon livre sur Inuvik et mon pneu avant chez ma mère au Québec (l’arrière est trop usé pour être conservé).
En moins d’une heure, je suis libre ! Plus de pneus à traîner sur la moto. Le soulagement et le bonheur de retrouver une telle douceur de roulement sont difficiles à décrire. Conséquence immédiate : une augmentation du confort et, surtout, de la cadence !
Vers 18h00, j’arrive à Prince George. Ou devrais-je dire, la ville fantôme de Prince George. Le centre-ville est littéralement vide, sans piétons et avec très peu de voitures. Je prends une chambre dans un motel et je file donner un lavage nécessaire à la moto. Je termine la journée par un souper au Keg (mon nouveau repère !) puisque rien d’autre n’attire mon attention dans cette ville déserte.