09h00 Prince George (BC)
16h30 Kelowna (BC) 700 km
Réveil tardif car je n’anticipe pas une très longue journée de route. Je constate que la fatigue du voyage s’accumule tranquillement. Comme il me reste encore un mois, je dois me ménager, d’autant plus que ma copine arrive bientôt !
La route est relativement banale. Il est surprenant de constater les similitudes entre le paysage local et celui du Québec dans cette partie de la Colombie-Britannique, à l’exception, bien sûr, de la qualité du pavé ! La journée débute dans la fraîcheur (10 °C), mais après quelques heures, un phénomène surprenant se produit.
À la hauteur de Clinton (BC), j’entre dans la vallée d’Okanagan et la température grimpe de 15 à 35 °C en seulement 10 minutes ! Je passe de la forêt verdoyante aux montagnes désertiques, à l’herbe sèche et aux arbres sans vie. Je m’arrête aux abords de la route 97C pour appeler ma copine. Les gens me regardent bizarrement avec mes quatre épaisseurs et surtout ma veste chauffante ! J’en profite pour enlever quelques couches avant de repartir.
La 97C est une petite route d’arrière-pays superbe : sinueuse, bordée de montagnes et de rivières. Je traverse la ville de Merritt (BC), qui a des airs de Far West.
Finalement, en fin d’après-midi, je parviens à Kelowna.
La ville…
Le trafic, la chaleur intense et le dépaysement ternissent un peu mon arrivée. Il est difficile de se retrouver dans une grande agglomération après avoir été habitué aux grands espaces pendant plusieurs semaines. C’est une transition trop rapide.




Les hôtels sont hors de prix. Je me rends au camping suggéré par le bureau touristique, mais le site laisse à désirer. Je fais le tour du centre-ville et me résigne à prendre une chambre au Travelodge pour 150 $.
La soirée est difficile et marque certainement le point le plus bas du voyage. Je considère sérieusement de rentrer à Montréal. J’appelle Nadine pour lui expliquer mon état d’esprit, mais il n’y a pas grand-chose qu’elle puisse faire à distance. Je crois que le choc urbain a été difficile à absorber, tout comme la chaleur, qui est insupportable à moto sans climatisation. Mes belles matinées fraîches du Nord me manquent déjà !
Je décide de me faire des pâtes avec mon réchaud dans le parc en face de l’hôtel, face au lac Okanagan, accompagné d’une bouteille de vin local. Je me lance dans une profonde réflexion.
Je prends alors la ferme décision de rester, mais de retourner vers les montagnes à Whistler pour retrouver la nature et des hébergements à prix plus raisonnables (vive le camping !). Ce moment de solitude m’aura été bénéfique. Il aurait été inacceptable de rentrer immédiatement après être venu si loin ; j’aurais manqué trop de belles choses et je l’aurais amèrement regretté.


J’ai aussi fait la paix avec l’aspect monétaire. Je dépasserai largement le budget initial, mais j’ai décidé de cesser de compter chaque sou tout en restant raisonnable. Je réglerai les comptes de retour à la maison.
J’oubliais : à 21h00, il s’est mis à pleuvoir. À Kelowna, où il n’avait pas plu depuis des semaines !